Les éoliennes : un scandale, une tromperie, un mensonge écologique, un gouffre financier…

Les éoliennes et les citoyens

♦ Face à l’accélération de l’implantation d’éoliennes industrielles sur le sol de nos régions et la connivence entre les groupes de pression avec les autorités publiques, la résistance s’affermit et prend des formes diverses. Ces derniers mois, trois auteurs ont publié des ouvrages importants sur les énergies renouvelables (ENR) :

– Jean-Louis Butré, président de la Fédération environnement durable (FED), a fait paraître : Eolien, une catastrophe silencieuse/Vers une France défigurée chez L’Artilleur ;

– Alban d’Arguin a publié dans la collection Pourquoi: Eoliennes, un scandale d’Etat ;

– Enfin Michel Gay a lancé comme un défi : Au diables les énergies renouvelables !

Ces trois livres prennent la question des éoliennes et des ENR sous des angles différents mais qui se recoupent largement.

L’éolien industriel en France, le bien commun et l’intérêt général

L’éolien industriel ne constitue pas seulement une agression à l’égard des riverains et des citoyens français. Pivot de la transition énergétique (TE), il est attentatoire au bien commun et à l’intérêt général, notamment économique et financier, de notre pays. M. Gay se montre particulièrement véhément dans ce domaine.

La transition énergétique, motivation et nouveau contexte de l’invasion éolienne (TE)

Les raisons de la TE

Les raisons affichées de la TE sont :

  • la lutte contre le réchauffement climatique et les émissions de gaz à effet de serre ;
  • la lutte contre la pollution ;
  • l’hostilité au nucléaire ;
  • le poids des énergies fossiles dans le déficit du commerce extérieur.

Le « grand bond en avant » de la TE (M. Gay)

L’urgence pour la France de s’engager dans la réduction des émissions de CO2 est très contestable car notre pays en émet fort peu. Malgré cela, la loi de TE de 2015 apparaît incroyablement ambitieuse :

  • réduction de la production de CO2 de 40% en 2030 par rapport à 1990 ;
  • réduction de la consommation d’énergie fossile de 30% par rapport à 2012 ;
  • réduction de la consommation d’énergie finale de 50% en 2050 par rapport à 2012 ;
  • réduction de la part du nucléaire de 75% à 50% en 2025 ;
  • passer de 19% d’ENR en 2016 à 23% en 2020 et 30% ou 40% en 2030.

Les idées fausses de la TE

Gay, inspiré par une remarquable étude de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (IFRAP), dénonce plusieurs idées fausses de la TE :

-Baisser la consommation de l’énergie de 50% alors que, depuis la crise de 2008, elle n’a baissé que de 0,06%/an avec une croissance du PIB de 0,6%/an, apparaît intenable ;
-La baisse d’un tiers de l’énergie nucléaire représenterait l’arrêt en 10 ans de 23 des 58 réacteurs existants, ce qui est complètement irréaliste ;
-Il serait absurde de vouloir réduire drastiquement les émissions de CO2 de la France qui n’en représente que 1%. M. Gay rappelle que grâce au nucléaire et à l’hydroélectricité notre électricité est produite à 90% sans CO2.

Transition énergétique, ENR et éolien industriel sont inséparables

Si l’on persiste à vouloir diminuer les émissions de CO2, il est clair qu’aujourd’hui le nucléaire étant diabolisé et l’hydroélectricité ayant atteint ses limites de développement, le solaire étant encore largement en phase de R&D, les pouvoirs publics sont conduits à faire le choix de l’éolien par idéologie et par nécessité..

L’ADEME, organisme étatique, est devenu selon M.Gay, un organisme militant de propagande en faveur des ENR et en particulier de l’éolien industriel. C’est ainsi que dans son rapport : «Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050 » elle prévoit de multiplier par dix l’implantation d’éoliennes en 2050 pour représenter 63% de la production nationale d’électricité au lieu de 3 ou 4% ce qui représenterait 80 GW soit environ 40 000 éoliennes de 2MW, c’est-à-dire 1 éolienne tous les 13 km2 du sol national.

Et pourtant écologie et éolien industriel sont incompatibles

Si l’on en croit “l’écologiquement” correct, l’éolien est un moyen de production propre et écologique sans production de CO2.

Rien n’est plus faux et l’éolien est un gros producteur de CO2 et de pollution.

J.L. Butré et M. Gay montrent le volume de béton – qui restera éternellement dans le sol français – et d’acier (entre 1000 et 1500 tonnes) qu’exige la construction d’éoliennes. Des composites entrent dans la fabrication des pales. Des métaux et des « terres rares » particulièrement radioactives et polluantes composent la nacelle.

Gay démontre que la totalité de la filière nucléaire nécessite huit fois moins de béton et environ quatre fois moins d’acier que l’éolien pour produire une même quantité d’énergie.

Mais surtout, comme le souligne J.L. Butré, le faible taux de charge de l’éolien, l’intermittence et le caractère aléatoire de cette production d’électricité conduisent à compenser les baisses de production par l’utilisation de centrales thermiques au gaz et, en Allemagne, au charbon et même au lignite hautement polluantes.

L’éolien industriel est néfaste à notre économie

L’éolien n’est pas une énergie à haut rendement

Si l’on écoute le lobby éolien, le vent est une énergie inépuisable et gratuite et l’éolien terrestre est donc une énergie rentable. En réalité, la production d’électricité éolienne dépend du vent qui souffle de manière intermittente, aléatoire et largement imprévisible. C’est ce qui explique que le rendement moyen ou taux de charge de l’éolien terrestre en France ne dépasse pas 24% contre parfois plus de 80% pour une centrale nucléaire.

Notons au passage que l’électricité éolienne est une énergie fatale, c’est-à-dire qu’il faut la prendre lorsqu’elle est produite et non quand on en a besoin. En cas de poussée excessive de production elle se déverse dans les réseaux nationaux et ceux des pays voisins dans lesquels elle cause de graves désordres. C’est le cas de l’électricité verte allemande.

Le surcoût de l’éolien terrestre

Surtout ce faible rendement explique le surcoût de l’éolien terrestre sans parler de l’éolien off-shore. Les promoteurs affirment que le coût du KWh éolien est concurrentiel avec celui du nucléaire estimé par le rapport de la Cour des comptes de 2014 autour de 60€/MWh, peut-être appelé à augmenter.

En réalité, comme le montrent J.L. Butré, Alban d’Arguin, sur la base du rapport Montaigne de 2008, et une remarquable et récente étude de l’IFRAP, le véritable coût complet du MWh de l’éolien terrestre pourrait être évalué entre 160 et 180€. En effet, il faut tenir compte du coût des centrales thermiques qui suppléent les fluctuations du vent, des réseaux de distribution, des réseaux intelligents et enfin du stockage de l’énergie, éléments bien entendu oubliés par les groupes de pression éoliens.

L’éolien : une technologie mature dont l’efficience n’est pas appelée à augmenter        

Il faut ajouter, comme le note J.L. Butré, que l’éolien n’a pas fondamentalement évolué depuis 30 ans et qu’il s’agit d’une technologie mature en fin d’amélioration qui marque la fin d’une époque. Rien ne permet de penser que l’efficience de l’éolien industriel augmentera sensiblement dans l’avenir.

Les menaces sur notre secteur électrique et l’économie française

La France a longtemps été à la pointe du secteur de l’énergie, notamment nucléaire, et EDF est encore le premier producteur mondial. Aujourd’hui, comme insiste J.L. Butré, EDF est en crise et son existence menacée.

Il faut souligner les deux décisions que prit Bruxelles vers 1990 :

-libéraliser le marché de l’électricité pour avoir celle-ci à bon marché ;
-favoriser les énergies renouvelables (ENR) grâce à des aides publiques.

Il en résulta des distorsions de concurrence et la coexistence d’un secteur concurrentiel avec un secteur administré (solaire et éolien) qui bénéficie d’aides publiques et d’une priorité d’accès au réseau et notamment la baisse des prix de gros du marché sur lequel EDF vend son électricité nucléaire.

Les énergies subventionnées ont déstabilisé celles qui ne le sont pas et constituent une des principales causes de la crise du secteur énergétique français, pourtant un de nos rares points forts économiques.

Le poids sur notre commerce extérieur

7000 éoliennes en France dont les composants fondamentaux : pales, mat, rotor etc., sont importés de Chine, du Danemark et d’Allemagne. Cette activité de construction énergétique ne peut que peser sur notre commerce extérieur déjà en souffrance. Oui, l’éolien procure des emplois mais hors de France et notamment outre-Rhin.

« La farce tragique » des emplois verts

A. d’Arguin et M. Gay rappellent qu’en 2012 le Syndicat des énergies renouvelables a promis 90.000 créations d’emplois dans l’éolien et le photovoltaïque entre 2010 et 2020. Aujourd’hui l’éolien emploie en France à peine un peu plus de 10.000 personnes.

Les emplois verts sont éphémères. L’exploitation des installations des ENR nécessite peu de personnel. En particulier les éoliennes sont contrôlées à distance. Quant à la fabrication elle se déroule en Chine, au Danemark et en Allemagne.

Un coût financier de l’éolien terrestre dispendieux

L’éolien une affaire subventionnée

J.L. Butré se montre particulièrement éloquent sur le coût financier que représente l’éolien industriel pour les Français.

Comme nous l’avons vu, le coût de production de l’électricité éolienne est bien supérieur à celui du marché. Par nature il n’est pas rentable et, afin de l’encourager, l’éolien a été subventionné depuis le début des années 2000.

Les opérateurs ont bénéficié jusqu’à aujourd’hui du tarif de rachat obligatoire par EDF très avantageux (initialement de 82cts/KWh pendant 15 ans et indexé chaque année).

Ainsi l’éolien a été rendu artificiellement rentable grâce à cette obligation d’achat à un prix garanti.

Le coût pour le consommateur est de plus en plus lourd

Afin de compenser le coût que représente pour EDF ce tarif de rachat, l’électricien a été autorisé à facturer une « Contribution au service public de l’électricité » (CSPE) aux consommateurs qui est en réalité une taxe cachée et silencieuse. Le coût que la CSPE représente pour la collectivité nationale en un moment où la précarité énergétique est de plus en plus alarmante apparaît en croissance exponentielle.

Selon le rapport de la Cour des comptes de juillet 2013 : « A l’horizon 2020, (…) le volume global de la CSPE liée aux énergies renouvelables peut être estimé à environ 40,5Md€ pour la période 2012-2020 (9 ans) contre 3,3Md€ pour la seule période 2005-2011 (7 ans) ».

L’éolien est une affaire purement financière de subventions et de retours juteux sur investissements pour des affairistes

Il existe un mythe de création de richesse pour notre économie grâce à l’éolien. En réalité, la subvention que représentait la CSPE et l’obligation d’achat à la charge des consommateurs et d’EDF a permis aux investisseurs d’obtenir une rentabilité anormalement élevée. J.L. Butré et Alban d’Arguin citent la Commission de régulation de l’électricité qui s’est insurgée contre ce tarif d’achat qui occasionne une rentabilité des capitaux propres trop importante et des taux de rendement de 20 à 40% après impôts, garantis sur 15 ans.

J.L. Butré, dans un communiqué de la FED, a vilipendé l’éolien qui est « devenu l’activité des affairistes qui écument quotidiennement le territoire. Des milliards d’euros en provenance de fonds opaques sont investis dans ce business ».

Un coût global qui fait partie de la gabegie nationale

Nous avons vu le coût que représente la CSPE pour la collectivité nationale.

J.L. Butré estime qu’en 2030 il pourrait y avoir jusqu’à 20.000 éoliennes terrestres pour un investissement de 42Md€ auquel il faudrait ajouter 40Md€ pour le renforcement des réseaux de transport et de distribution.

Ces dépenses inutiles et dont les bénéfices sont captés par des affairistes ne peuvent que creuser davantage le trou de la gabegie publique. En revanche toutes les ressources financières qui se déversent dans l’éolien font défaut aux investissements dans les ENR du futur, ce qui handicape la recherche qui permettrait de les promouvoir.

La corruption

En juin 2014, le Service central de prévention de la corruption (SCPC) a dénoncé l’éolien industriel dans un rapport comme « un phénomène d’ampleur » et « une dérive grave ». En effet de nombreuses prises illégales d’intérêt de la part d’élus locaux soudoyés et trompés par des promoteurs ont abouti à des condamnations. C’est un combat que la FED et son président J.L. Butré ont mené et mènent sans relâche sans que l’on puisse dire que les politiques y soient très sensibles.

Il existe également des scandales financiers, notamment en Allemagne, où un grand groupe éolien qui pratiquait le financement participatif des ENR a fait faillite et spolié des épargnants.

Enfin, des fortunes immenses comme celle de Paris Moratoglou cité par M. Gay ont été bâties sur l’aubaine qu’ont représenté les débuts de l’éolien.

Conclusion

En définitive, l’éolien industriel n’est pas créateur de richesses pour la nation. Dispendieux, sans rendement, rentable pour les seuls affairistes des ENR, il pousse le prix de l’électricité, un de nos rares atouts économiques, à la hausse, pèse sur notre commerce extérieur et constitue l’une des causes principales de la crise du secteur énergétique français et d’EDF.

Il est néfaste pour l’économie française et vecteur de corruption. Cible d’une cupidité financière réfrénée par de moins en moins d’entraves, il est contraire à l’intérêt général.

André Posokhow
Consultant
28/06/2017

Correspondance Polémia – 1/07/2017

Image : Les éoliennes peuvent être qualifiées d’ « équipement collectif public » (CE, 13 juillet 2012, n°343306)


Extrait du livre “Ecologie, la grande arnaque” (2008) :

 

Les éoliennes :

A priori, quoi de plus logique que de fabriquer de l’électricité avec du vent ?
Voilà bien une énergie qui paraît gratuite et inépuisable, et qui n’affecte pas les cycles de la nature. On comprend donc qu’elle figure en tête de celles dont la plupart des écologistes réclament à cor et à cri le développement, et qu’elle jouisse dans l’opinion et parmi les décideurs d’un préjugé largement favorable.
Tout irait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes si un examen quelque peu approfondi des choses ne mettait en évidence un bilan catastrophique. Qu’on en juge plutôt : l’électricité qu’elles produisent est tout d’abord très chère. Mais surtout, et contrairement aux apparences,
les éoliennes accroissent le volume des rejets de gaz carbonique dans l’atmosphère au lieu de les réduire, aussi surprenant que cela puisse paraître !

Les éoliennes possèdent en effet une caractéristique qui réduit à néant tous les avantages qu’on est instinctivement porté à leur attribuer : comme aurait pu le déclarer monsieur de la Palice, elles ne fonctionnent que lorsqu’il y a du vent, et non pas lorsqu’il est trop faible, ou trop fort pour qu’elles puissent tourner sans danger. Or, la majeure partie du temps, le vent ne souffle pas, ou trop peu pour qu’elles soient productives.

Certes, la situation varie d’un endroit à l’autre, mais dans notre pays, le nombre heures où les éoliennes sont utilisables varie entre 1 700 et 2 000 par an, soit de 20 % à 25 % du total annuel. On conçoit que, dans de telles conditions, leur rendement soit faible et que le coût de l’électricité produite soit important, car l’investissement est peu utilisé, contrairement par exemple à celui de nombreuses chutes d’eau au fil du courant.

 

Source : ASSOCIATION VENT DE COLÈRE (Internet).


Cette courbe montre les variations de la puissance délivrée par une éolienne en un mois.
Elle se passe de commentaires. Il est évidemment impossible de compter sur une énergie aussi fantasque, utilisable au mieux un quart du temps, et qu’il faut compléter par un réseau de centrales à charbon ou à gaz prêtes à s’y substituer à tout moment, c’est-à-dire les trois quarts du temps.

Le prix de revient du kilowatt-heure produit est alors nettement plus élevé que celui qui peut être obtenu à partir de centrales thermiques classiques ou nucléaires, de telle sorte que si EDF ne s’était pas vu imposer par les gouvernements successifs de racheter l’électricité d’origine éolienne à un tarif prohibitif,
il n’y aurait pas en France un seul de ces moulins à vent des temps modernes.

Mais là n’est pas l’essentiel. Du point de vue de l’effet de serre, il y a pire, et les éoliennes sont un désastre. À partir du moment où le vent ne souffle qu’une partie très minoritaire de l’année et peut s’arrêter d’un moment à l’autre, il faut que le parc des éoliennes soit doublé de centrales classiques de puissance équivalente afin de prendre instantanément le relais en cas de nécessité, c’est-à-dire les trois quarts du temps au moins. On imagine mal une ville qui ne serait éclairée et dont les usines ne fonctionneraient que lorsqu’il y a du vent !

Or ce parc de centrales prêtes à se substituer à tout moment aux éoliennes ne peut guère être constitué que d’unités fonctionnant au charbon ou au gaz, les usines nucléaires n’ayant pas la souplesse voulue pour s’adapter à des fluctuations qui peuvent être d’une grande brutalité lorsque le vent se met d’un seul
coup à souffler, ou à s’arrêter.

Autrement dit, plus le parc des éoliennes se développe, plus il faut accroître celui des centrales classiques à charbon ou à gaz, et donc augmenter les rejets de gaz carbonique !
Les perspectives sont d’autant plus sombres que, pour céder à la mode écologique, EDF s’est lancé dans un très vaste programme de construction d’éoliennes. En inaugurant dans l’Hérault l’une d’entre elles, son président a déclaré le 7 juillet 2006 : « D’ici 2010, nous allons investir 3 milliards d’euros dans
l’énergie éolienne, soit autant que pour construire notre prochaine centrale nucléaire EPR. » Autrement dit, le coût de celle-ci va être doublé pour tenter, en pure perte, d’obtenir le silence des écologistes.

Il sera même très probablement triplé puisque la construction durera au moins six ans. Il faut dire que la politique suivie par EDF mérite d’être décryptée. Les responsables de l’entreprise savent pertinemment que la seule manière de produire massivement de l’électricité sans émettre de gaz à effet de serre est aujourd’hui de recourir aux centrales nucléaires et que les énergies renouvelables sont des leurres à l’exception de l’hydroélectricité dont les potentialités sont déjà exploitées dans notre pays. Mais, face à la déferlante écologique, ils ont choisi de faire croire le contraire.

Ils mettent ainsi en exergue dans toute leur communication leurs efforts en faveur des énergies renouvelables pour tenter de se « faire pardonner » le fait qu’ils continuent de miser sur le nucléaire. Un récent fascicule intitulé « E = moins de CO2 », largement diffusé en juillet 2007 à grand renfort de publicité dans tous les kiosques de l’hexagone, est à cet égard un remarquable exemple de désinformation politiquement correcte.

Il accorde plus de place à l’énergie éolienne (deux millièmes de la production nationale d’électricité) et à l’électricité d’origine solaire (un dix millième de celle-ci) qu’à l’électricité nucléaire qui répond à 80 % de nos besoins. On y lit aussi au hasard des pages qu’il faut construire des centrales thermiques qui « compensent également les baisses de production difficiles à prévoir des énergies renouvelables et en particulier de l’éolien ». C’est le moins que l’on puisse dire puisque le même document reconnaît par ailleurs que, « dans notre pays, une éolienne produit de l’électricité environ un quart de temps ».

Les « baisses » concernent alors les trois quarts de celui-ci !

Autrement dit, EDF reconnaît que, plus en développe les éoliennes, plus il faut construire des centrales thermiques classiques polluantes. Bien entendu, il n’est pas un cadre d’EDF qui croit un seul instant aux
« énergies renouvelables ». Mais le terrorisme intellectuel écologique est tel que les responsables de l’entreprise ont estimé qu’ils n’avaient d’autres choix, pour faire passer leurs projets nucléaires, que de mentir délibérément et aux frais du consommateur.

Quant aux quelques lecteurs qui ont acheté cette plaquette, ils ont eu la satisfaction d’apprendre que, dans l’inimitable jargon écologique, sa vente, qui ne couvrira sans doute pas le dixième des frais encourus, servira à financer des produits d’« écoefficacité énergétique ». Écologisme, quand tu nous tiens…


L’échec danois


Si c’est possible, il y a plus ridicule encore, comme en témoigne le Danemark, cité comme référence par les écologistes du monde entier, car c’est le pays d’Europe qui a le plus misé sur l’électricité produite par le vent, au point d’avoir couvert d’éoliennes de grandes parties de son territoire et même de ses mers, ce qui a permis qu’une partie notable de son électricité leur soit désormais redevable.

Pourtant, le Danemark vient de décider de tout arrêter, car il est désormais confronté à des problèmes insolubles. Lorsqu’il n’y a pas suffisamment de vent, c’est-à-dire, là aussi, les trois quarts du temps, les milliers d’éoliennes installées ne servent à rien, et il faut produire l’électricité nécessaire à la vie quotidienne et aux industries par des centrales classiques au fuel, au charbon ou au gaz. Celles-ci rejettent alors allégrement du gaz carbonique dans l’atmosphère par millions de tonnes.

Et c’est lorsque le vent se lève que les choses se compliquent. Face à de brusques arrivées supplémentaires d’électricité, les ingénieurs danois sont confrontés à des choix cornéliens. Ils ne peuvent stopper complètement les unités thermiques qui fonctionnaient jusqu’alors, d’autant plus qu’il faut être capable de les faire repartir sans délai en cas de besoin, le vent s’arrêtant parfois aussi rapidement qu’il se lève.

Ils ont donc soudainement trop d’électricité. Ils se retournent alors vers leurs voisins germaniques pour tenter de leur vendre celle-ci, les réseaux étant inter-connectés. Mais, pour le malheur des Danois, les Allemands se sont également dotés de multiples éoliennes, à plus grande échelle encore puisqu’ils détiennent le record du monde, et ils sont soumis aux mêmes fluctuations climatiques.

Autrement dit, quand le Danemark a trop d’électricité, la situation est la même de l’autre côté de la frontière. Leurs voisins leur répondent donc : « Surtout pas ! Même si vous nous donniez votre courant, nous n’en voudrions à aucun prix. En revanche, nous pouvons vous en fournir, gratuitement de surcroît… »

En conclusion, pour peu que le vent souffle un peu fort, les Danois disposent systématiquement d’électricité excédentaire. Ils n’ont alors d’autre solution que d’arrêter une partie de leur parc éolien. Et quand ils ne le font pas parce que les producteurs qui sont payés en fonction du nombre de kilowatt-heures fournis refusent de le faire, les câbles risquent de fondre !

Le plus grave n’est enfin pas là. Il tient au fait que le Danemark — le pays européen qui a, toutes proportions gardées, le plus multiplié les éoliennes sous la pression des écologistes — est corrélativement l’un de ceux dont le bilan en termes d’émissions de gaz à effet de serre est le plus désastreux, avec près de 10 tonnes de gaz carbonique émises par habitant contre 6 en France !

Comme l’a déclaré devant l’Institut des hautes études de la Défense nationale Anne Lauvergeon, la présidente d’Areva dont les médias ont laissé entendre à l’époque qu’elle avait été sollicitée pour faire partie du premier gouvernement Sarkozy : « L’hydraulique et le nucléaire sont des énergies qui fonctionnent en base, c’est-à-dire par tous les temps. L’éolien et le solaire sont des énergies d’appoint.

Elles ne produisent que quand il y a du vent et du soleil. Elles nécessitent donc la mise en place de “back-up”. Le pays qui a le plus développé l’éolien est le Danemark avec 13 % d’éolien dans son bilan énergétique. Il y a ainsi 13 % de centrales au fuel qui démarrent quand le vent ne souffle pas. Ce n’est pas une façon efficace d’éviter la pollution de l’atmosphère. »