Après le bouleau, au tour des graminées : retrouvez le calendrier des allergies

Les formes sévères d’allergies, notamment l’asthme, sont de plus en plus fréquentes. Il ne faut pas hésiter à consulter. Après les pollens de bouleau, ceux de graminées arrivent en force.

On a tendance à penser que ce n’est « qu’une » gorge qui gratte, « que » des yeux piquent, « qu’un nez qui coule ». Et pourtant, les évolutions vers des formes sévères d’allergie sont de plus en plus fréquentes.

En France, 30 % de la population est allergique, soit plus de 20 millions de Français. Un chiffre en pleine expansion depuis les années 1970, dû à la perte de la biodiversité ou encore de la pollution atmosphérique.

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Les allergologues alertent et donnent des pistes pour (mieux) composer avec les pollens.

Se soigner

« Pour ceux qui ne l’expérimentent pas, une allergie paraît anodine. Elle l’est rarement. Elle peut entraîner des fièvres à 38°C, des sifflements, une grande fatigue. Sans compter qu’un asthme sous-jacent peut se cacher sous une rhinite et se déclarer à tout âge », note le docteur Jean-François Fontaine, allergologue à Reims (Marne), président de l’Association de formation continue en allergologie (Anaforcal).

Les allergies doivent ainsi être prises en charge pendant toute la saison pollinique. En pharmacie, il existe des traitements à base d’antihistaminique, des collyres spécifiques, des sprays anti-inflammatoires…

« Ils sont souvent très bien pour les premiers signes d’allergie ou pour dépanner, reprend le médecin. Mais si au bout de sept jours les symptômes persistent ou évoluent, il faut penser à consulter pour poser le bon diagnostic et établir un traitement plus sur la longueur, plus adapté. »

Aérer mais pas n’importe quand…

Ce ne sont pas des gestes qui soignent, mais ils peuvent grandement améliorer la vie au quotidien. Outre le fait de limiter les sorties au parc quand on sent l’allergie monter, il y a quelques astuces.

« Il faut, de préférence, se laver les cheveux le soir pour éviter que le pollen qui s’y colle ne se dissémine sur l’oreiller et dans la literie », conseille le docteur Fontaine. De la même façon, s’il est très important d’aérer toutes les pièces de chez soi, mieux vaut le faire tôt le matin ou en soirée, quand l’air est moins chargé en pollen.

Le linge, que l’on change en rentrant chez soi, et que l’on lave régulièrement, doit être séché en intérieur, avec toujours cet objectif de limiter la prolifération de pollen dont on a du mal à se départir.

Attention aux allergies croisées

Rarement l’exposition au pollen de bouleau n’a été aussi importante en France. « La modification de l’environnement a fait évoluer les allergies. Cet arbre, par exemple, a été massivement planté après la tempête de 1999 », indique la professeur Jocelyne Just, cheffe du service allergologie pédiatrique à l’hôpital parisien Armand-Trousseau.

Or, relève Jean-François Fontaine, « une des substances du pollen de bouleau ressemble à certaines protéines de fruits et légumes. Cela provoque une confusion de l’organisme. Il se trompe, croit ingérer du pollen, cherche à s’en défendre. Cela peut provoquer des démangeaisons, des œdèmes à la lèvre ou à la gorge ».

Avec le bouleau, les allergies croisées les plus fréquentes sont l’abricot, l’amande, l’avocat, la banane, la betterave, la carotte, la pêche, la pomme… Bon à savoir, elles ne concernent que les aliments crus. Si une pomme peut être difficile à croquer pour un allergique, il n’y aura pas de problème avec une compote !

Les graminées sont là

Selon le réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), les pollens de graminées sont en pleine « ascension ». Cette grande famille botanique (9 000 espèces !) se retrouve dans les prairies, en forêt, en bord de route…

« Le cocktail pollution + graminées n’est jamais très bon, prévient Jocelyne Just. On va voir de l’asthme apparaître, des rhinites chroniques. » « Les graminées ont un potentiel allergisant très élevé avec un pic dominant en juin », indique le RNSA. D’où l’intérêt d’appliquer les règles de prévention pour limiter les désagréments.

Source : Le parisien (Mai 2018)