Médicaments : des nanoparticules dans l’Efferalgan et le Nurofen

Six médicaments très utilisés contiennent des nanoparticules de dioxyde de titane, selon nos analyses. À quand une obligation d’étiquetage ? Les très controversées nanoparticules refont parler d’elles. Après avoir révélé leur présence dans des confiseries et des gâteaux en septembre dernier, 60 Millions se penche sur les médicaments.

Nous avons analysé six spécialités très courantes contenant du dioxyde de titane, un additif susceptible d’être présent sous forme de nanoparticules. Les résultats sont clairs : dans les six médicaments, une partie de cet ingrédient se retrouve bel et bien sous forme de particules dont les dimensions sont de l’ordre du milliardième de mètre.

Parmi eux, on trouve des comprimés ou solutions buvables indiqués contre l’allergie, ou contre la douleur et la fièvre chez l’adulte, mais aussi chez l’enfant. Plus surprenant encore, on trouve dans la liste une spécialité pharmaceutique contre l’insomnie à base de plantes !

 

Des nanoparticules a priori loin d’être indispensables

Les nanoparticules de dioxyde de titane sont controversées depuis qu’une étude récente de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) a mis en évidence leur potentiel cancérogène chez le rat. Même si ses résultats restent préliminaires, l’Inra juge qu’ils doivent inciter à « la vigilance » et à « une analyse des risques » chez l’homme concernant le recours à ces nanoparticules.

Dans les spécialités pharmaceutiques que nous avons analysées, le dioxyde de titane fait partie des excipients, c’est-à-dire des ingrédients qui ne jouent aucun rôle thérapeutique. Ce colorant est-il pour autant indispensable dans ces médicaments ? On est en droit de se poser la question.

Le casse-tête pour éviter le dioxyde de titane

Par principe de précaution, mieux vaut donc essayer de remplacer tout médicament incorporant du dioxyde de titane (dont il est à craindre qu’une proportion soit sous forme de nanoparticules) par son équivalent sans dioxyde de titane.

Mais cette substitution n’est pas toujours possible, ou relève d’un véritable parcours du combattant, comme nous l’avons constaté lors de notre enquête.

Les équivalents sans nanos

Quels sont les équivalents sans nanos des médicaments analysés ? Pourquoi les fabricants utilisent-ils des nanos ? Découvrez notre enquête complète dans le n° 536 de 60 Millions de consommateurs (avril 2018)

Attention ! Les personnes traitées avec des médicaments essentiels incorporant des nanoparticules de dioxyde de titane ne doivent pas pour autant interrompre leurs traitements (NDLR, message de la revue pour éviter tout procès mais chacun aura compris la conduite à tenir..?).

Pas de mention [nano] sur les notices

Dans tous les médicaments que nous avons étudiés, la présence de dioxyde de titane est mentionnée sur les notices, puisque cet ingrédient (additif E171) est autorisé dans les médicaments en tant que colorant (on le retrouve notamment dans l’enrobage, mais pas seulement).

En revanche, la mention [nano], elle, n’apparaît jamais ! Profitant de l’absence totale d’encadrement concernant l’étiquetage des nanoparticules dans les médicaments, les fabricants se gardent bien de fournir cette information devenue plus que sensible. À quand une mention [nano] obligatoire dans les médicaments, comme c’est le cas dans les cosmétiques ?

Source : 60 Millions de consommateurs (Mars 2018)