AVC : stimuler le nerf vague améliore la récupération des capacités motrices

Des chercheurs révèlent dans une récente étude qu’après un AVC, la stimulation du nerf vague améliore la récupération des capacités motrices.

Après un AVC, il y a fréquemment une atteinte chronique du bras et de la main. Des chercheurs rapportent dans une récente étude que la stimulation du nerf vague – associée à un entraînement de rééducation -améliore la récupération de cette fonction motrice. Leurs résultats ont été publiés dans la revue Stroke.

Peu d’options pour lutter contre l’invalidité

Actuellement, les options thérapeutiques permettant de restaurer la fonction du bras et de la main chez les personnes victimes d’AVC sont limitées. Or la perte de la capacité de supination (mouvement de rotation externe de la main et de l’avant-bras) contribue à l’invalidité post-AVC.

Les scientifiques ont cherché à savoir si associer la stimulation du nerf vague à la rééducation pouvait améliorer la récupération de la fonction rotatoire des membres antérieurs et ont constaté que les résultats étaient satisfaisants : la récupération de la fonction de supination a en effet doublé par rapport à la pratique de l’entraînement de rééducation seul.

La neuroplasticité favorise la récupération après un AVC

Selon les chercheurs, cette récupération persiste même durant au moins 7 semaines après l’arrêt de la stimulation du nerf vague. En pratique, cette étude fournit la première preuve que la stimulation du nerf vague associée à un entraînement rééducatif après un AVC. En effet les chercheurs ont pu observer que cette association améliore la récupération de la vitesse de déplacement des membres antérieurs, ainsi que leur force. La question est désormais de déterminer si en pratique le physiothérapeute doit systématiquement associer la technique de stimulation du nerf vague aux exercices de rééducation, notamment pour améliorer la qualité de vie à long terme.


6 moyens de stimuler instantanément votre nerf vague pour soulager l’inflammation, la dépression, les migraines et plus. (28/03/2016)

J’ai lu un article hier qui m’a vraiment passionné du fait de toutes ses implications. L’article est intitulé « Hackez le système nerveux », par Gaia Vince (http://mosaicscience.com/story/hacking-nervous-system).

Dans l’article, l’auteur décrit l’expérience d’une femme qui souffrait d’une grave arthrite rhumatoïde handicapante et le traitement qu’elle envisageait à l’aide d’un dispositif qui réduit au minimum l’inflammation en stimulant simplement le nerf vague. Cela signifie qu’en activant le nerf vague, qui agit par le système nerveux parasympathique, nous pouvons influencer dans une grande mesure l’inflammation et le système immunitaire. Le rôle du cerveau sur l’inflammation du corps peut être énorme. Si vous souffrez de problèmes de digestion, d’hypertension artérielle, de dépression ou de tout état inflammatoire, ne manquez pas de lire ce qui suit.

Qu’est-ce que le nerf vague ?

Tout d’abord, le nerf vague est le nerf le plus long du corps : il a son origine dans le cerveau, c’est le dixième nerf du crâne, descend par le cou puis passe autour du système digestif, le foie, la rate, le pancréas, le cœur et les poumons. Ce nerf est un acteur majeur du système nerveux parasympathique, qui a la fonction de repos et de digestion (contrairement au système nerveux sympathique qui a la fonction de « lutte ou fuite »).

Tonus vagal

Le tonus du nerf vague conditionne l’activation du système nerveux parasympathique. Le tonus vagal est mesuré par le suivi de votre rythme cardiaque par rapport à votre rythme de respiration. Votre rythme cardiaque s’accélère un peu lorsque vous inspirez, et ralentit un peu lorsque vous expirez. Plus il y a de différence entre votre rythme cardiaque en inspirant et votre rythme cardiaque en expirant, plus votre tonus vagal est élevé. Un tonus vagal élevé signifie que votre corps peut se détendre plus rapidement après le stress.

Qu’implique un tonus vagal élevé ?

Un tonus vagal élevé améliore la fonction de plusieurs systèmes corporels, entraînant une meilleure régulation de la glycémie, une diminution du risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie cardiovasculaire, une diminution de la pression artérielle, une meilleure digestion grâce à une meilleure production par l’estomac d’enzymes de base et d’enzymes digestives et moins de migraines. Un tonus vagal élevé est également associé à une meilleure humeur, moins d’anxiété et plus de résistance au stress. L’un des rôles les plus intéressants du nerf vague, c’est qu’il décrypte le microbiote intestinal et envoie une réponse afin de moduler l’inflammation selon qu’il détecte des organismes pathogènes ou non. C’est ainsi que le microbiote intestinal peut avoir un effet sur votre humeur, vos niveaux de stress et l’inflammation en général.

Qu’implique un tonus vagal faible ?

Un tonus vagal faible est associé à des problèmes cardio-vasculaires et AVC, la dépression, le diabète, le syndrome de fatigue chronique, des troubles cognitifs, et une fréquence beaucoup plus élevée de conditions inflammatoires. Les états inflammatoires comprennent toutes les maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, la maladie de l’intestin inflammatoire, l’endométriose, la maladie auto-immune de la thyroïde, le lupus et bien d’autres).

Comment augmenter le tonus vagal ?

Dans l’article mentionné plus haut, le tonus vagal a été augmenté grâce à un dispositif qui a stimulé le nerf vague. La bonne nouvelle, c’est que vous avez accès à cette stimulation vous-même, mais cela demande une pratique régulière. Dans une certaine mesure, vous êtes génétiquement prédisposé à divers niveaux de tonus vagal, mais cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas le changer. Voici quelques façons de tonifier le nerf vague :

1. Respiration lente, rythmée, dans le diaphragme. Respirez à partir du diaphragme plutôt que de façon superficielle du haut des poumons, cela va stimuler et tonifier votre nerf vague.

2. Fredonner. Du fait que le nerf vague est connecté aux cordes vocales, fredonner le stimule mécaniquement. Vous pouvez fredonner une chanson ou même, encore mieux, répéter le son « OM ».

3. Parler. De même, parler procure une aide au nerf vagal du fait de sa connexion aux cordes vocales.

4. Laver votre visage à l’eau froide. Le mécanisme n’est pas connu, mais l’eau froide sur votre visage stimule le nerf vague.

5. Méditation, surtout une méditation d’amour et de bonté qui favorise des sentiments de bienveillance envers vous-même et envers les autres. Une étude de 2010 par Barbara Fredrickson et Bethany Kik a constaté que l’augmentation des émotions positives conduit à une augmentation de proximité sociale, et une amélioration du tonus vagal.

6. Équilibrer le microbiote intestinal. La présence de bactéries saines dans l’intestin crée une boucle de rétroaction positive par le nerf vague, ce qui augmente son tonus.

Les conséquences de ces simples pratiques sur votre santé en général et en particulier sur l’inflammation sont considérables. Si vous souffrez d’une maladie inflammatoire, de troubles digestifs, d’hypertension artérielle ou de dépression, il est expressément recommandé de s’occuper du tonus vagal. Nous savons depuis des années que les exercices de respiration et la méditation sont utiles pour notre santé, mais il est si fascinant d’apprendre le mécanisme par lequel ils agissent. J’espère que ce court article vous a inspiré pour commencer la pratique de la méditation, comme il m’a inspiré à le faire moi-même, et également à continuer à chercher les autres façons de gérer les réponses inflammatoires du corps.

www.sante-nutrition.org

Références:

Forsythe P, Bienenstock J, Kunze WA.Vagal pathways for microbiome-brain-gut axis communication. Adv Exp Med Biol. 2014;817:115-33.

Kok, B, Fredrickson, B, Coffey, K, et al. How Positive Emotions Build Physical Health: Perceived Positive Social Connections Account for the Upward Spiral Between Positive Emotions and Vagal Tone. Psychological Science 2013 24: 1123

Source: darouwellness.com


Quel est l’état de votre nerf vague ?

Jean-Marc Dupuis
Santé Nature Innovation
mer., 23 jan. 2013

Un système nerveux qui fonctionne bien est important pour le bien-être et la longévité. Les nerfs spinaux, qui sortent de votre moelle épinière, dans votre dos, servent à contrôler la plupart des muscles de votre torse, de vos bras, de vos jambes, ainsi que de vos intestins, votre vessie et vos fonctions sexuelles. Les nerfs crâniens, eux, émergent de votre tête. Il y en a douze paires. Ils contrôlent principalement ce qui se passe sur votre visage et dans votre cou, mais le dixième se prolonge bien au-delà.

Appelé « nerf vague », ce nerf n°10 influence votre corps et votre cerveau beaucoup plus que la plupart des gens ne le réalisent.

La puissance du nerf vague

Le nerf vague contrôle vos cordes vocales, vous permet d’avaler, maintient votre larynx ouvert pour respirer, ralentit le rythme cardiaque (quand c’est nécessaire), démarre et contrôle la digestion, provoque les réactions d’inflammation, influence de nombreuses glandes endocriniennes, c’est-à-dire les glandes qui produisent des hormones, ces précieux liquides qui influencent les fonctions vitales : glandes surrénales (hormones du stress), thyroïde, pancréas, qui produit l’insuline qui régule le sucre sanguin et le stockage des graisses.

80 à 90 % des fibres du nerf vague servent à envoyer de l’information de vos organes et de votre système digestif vers votre cerveau. Il relaye l’information provenant du « système nerveux entérique », ou « second cerveau », constitué de 200 millions de neurones le long des intestins, et qui sert à contrôler la digestion.

Les recherches sur le nerf vague et ses effets sur le corps et le cerveau ont révélé qu’il était important que ce nerf soit toujours en bon état, et que stimuler son fonctionnement améliore l’état de santé général.

Les nerfs qui vous détendent

Dans le vocabulaire médical, les fonctions nerveuses qui aident le corps à se détendre, à ralentir, sont appelées « système nerveux parasympathique », par opposition au « système nerveux sympathique », qui prépare au contraire à l’activité, physique ou intellectuelle.

La logique est la suivante : votre corps a parfois des besoins immédiats, par exemple fuir ou se défendre. Dans ce cas, le sang se retire des organes qui n’accomplissent pas une tâche immédiatement nécessaire, comme l’estomac, pour aller vers le cœur, les muscles, le cerveau qui ont besoin de fonctionner intensément : c’est le système nerveux sympathique qui organise cette réaction, en libérant dans le corps un produit chimique activant les nerfs sympathiques (on dit un « neurotransmetteur »), l’adrénaline.

Plus vous avez d’adrénaline, plus vous êtes alerte et intensément présent.

Une fois le danger évité, ou l’action terminée, les fonctions d’entretien du corps reprennent : c’est donc le système nerveux parasympathique qui s’active à son tour. Il calme le cœur, ralentit la respiration, redirige le sang vers le système digestif. Les nerfs du système nerveux parasympathiques sont activés par un autre produit chimique (neurotransmetteur) : l’acétylcholine.

Ce « système nerveux parasympathique » est aussi appelé « système nerveux vagal », car son nerf principal est le nerf vague, dont j’étais justement en train de vous parler.

Le nerf vague permet au corps de se relaxer, ralentit le rythme cardiaque, régule la digestion et le sommeil. Vous comprenez maintenant pourquoi ces différentes fonctions marchent ensemble.

Lorsque le nerf vague est excessivement suractivé, vous vous détendez tellement que vous pouvez vous évanouir : c’est ce qu’on appelle faire un « malaise vagal », qui est une simple perte de connaissance en général sans gravité.

Sans aller jusque-là, stimuler raisonnablement le nerf vague produit de nombreux bienfaits.

Au-delà de la simple détente

Le nerf vague permet donc de se détendre après l’action, de se remettre à digérer, et même à dormir.

Mais ses bienfaits vont bien au-delà.

Parce que l’intestin est aussi le siège de 80 % des cellules du système immunitaire, l’activation du nerf vague augmente vos fonctions immunitaires et anti-inflammatoires.

Stimuler le nerf vague aide aussi les personnes en surpoids à maigrir. Parce que cela donne une impression de plénitude, on est moins tenté de chercher du plaisir, du réconfort, ou de lutter contre le stress et l’anxiété, en mangeant.

Expérimentalement enfin, et sans qu’on sache exactement pourquoi, la stimulation artificielle du nerf vague peut aider à sortir de la dépression les personnes qui n’ont pas réagi aux autres types de traitement. Attention toutefois, la stimulation du nerf vague par un processus artificiel, du type implantation de pacemaker, produit aussi d’importants effets indésirables et c’est donc à éviter.

Comment stimuler le nerf vague naturellement

Habituellement, la stimulation du nerf vague passe par une opération chirurgicale et l’installation d’un appareil similaire à un pacemaker. Bien que cela soit efficace, la procédure comporte des risques et il est préférable de stimuler le nerf vague sans chirurgie.

Les médecins connaissent de nombreuses « manœuvres vagales » qui sont des gestes permettant de stimuler le nerf, et qu’ils pratiquent chez les personnes dont le rythme cardiaque est trop rapide (tachycardie) ou qui souffrent d’hypertension. Ces « manœuvres » consistent notamment à :

  • retenir sa respiration ;
  • placer un linge mouillé et froid sur le visage ;
  • appuyer fortement sur les yeux (compression des globes oculaires) ;
  • avaler très vite un verre d’eau froide ;
  • se coucher sur un plan incliné, la tête en bas (position de Trendelenburg) ;
  • contracter vos abdominaux comme si vous alliez recevoir un coup dans l’estomac.

Inspirer longuement et profondément en gonflant votre ventre est le meilleur moyen de stimuler le nerf vague tout en oxygénant votre sang. Lorsque vous avez la fringale, ces « manœuvres » peuvent vous aider à résister à la tentation.

A votre santé !

Source de l’article en anglais BJPsych