Des porcs génétiquement modifiés pour donner leurs organes aux hommes

Les organes vitaux des porcs, comme le cœur, le foie ou les poumons, pourraient être transplantés sur les hommes. En modifiant l’ADN de porcelets, une équipe scientifique a réussi à améliorer la compatibilité de leurs organes pour les transplanter sur l’homme.

Pourrons-nous bientôt recevoir le coeur, le foie ou les poumons d’un porc? Une avancée scientifique pourrait bien le permettre. Une équipe de généticiens a réussi à modifier le code génétique de porcelets, rendant ainsi leurs organes plus compatibles pour des greffes sur les humains, selon un article publié jeudi dans la revue américaine Science.

Cette découverte pourrait révolutionner les “xénotransplantations”, les greffes à partir de donneurs animaux. Jusqu’à présent, si ces greffes étaient déjà utilisées pour remplacer les valves cardiaques ou le pancréas, le monde médical ne parvenait pas à transplanter des organes plus volumineux, sans risquer de transmettre des virus infectant les humains. L’équipe dirigée par les deux scientifiques de l’université de Havard, Luhan Yang et George Church –le docteur Frankenstein du XXIe siècle, comme le rappelle Le Huffpost-, est justement parvenue à contourner cette contrainte, selon Science.

 Les animaux les plus génétiquement modifiés sur Terre

Pour réussir cette prouesse, ces généticiens ont utilisé la technologie révolutionnaire Crispr Cas9, sorte de “ciseaux génétiques” permettant de modifier l’ADN d’un être vivant de manière très précise et très peu coûteuse -par rapport à d’autres méthodes-, sur les porcelets. Ce qui leur a permis de modifier le génome de 37 porcelets, en retirant de leur ADN les gènes à l’origine des virus.

“Ce sont probablement les animaux les plus génétiquement modifiés sur Terre”, estime Luhan Yang. Mais malgré ces modifications, les 37 porcs étaient en parfaite santé à quatre mois, l’âge à partir duquel les organes du cochons ont la bonne taille pour une xénotransplantation.

Prochaine étape: “humaniser les cochons”

À travers leur société privée eGenesis qu’ils ont fondée, Luhan et Church espèrent désormais “humaniser” les cochons (NDLR, No Comment…), c’est-à-dire à rendre leurs organes encore plus similaires à ceux des hommes. Ils auraient même déjà commencé des tests et se prépareraient à publier ces résultats dans une revue scientifique.

Si leurs expérimentations réussissent, elles pourraient permettre de combler une partie du manque d’organes aux États-Unis et dans le monde. Aujourd’hui, 22 personnes meurent chaque jour aux Etats-Unis à cause d’un manque d’organes vitaux à transplanter. Selon Scientific American, une première xénotransplantation pourrait être réalisée d’ici deux ou trois ans.

Source : L’Express (Aout 2017)