Comment sortir de la solitude ?

Homme ou femme, la solitude peut tous nous toucher à un moment de notre vie. Comment la vivre et, surtout, l’empêcher de s’installer ? Manque affectif, recherche de l’âme sœur…

Tu es resplendissante ! Tu as rencontré quelqu’un ? Cet extrait d’une bribe de conversation entre deux femmes d’une trentaine d’années, interroge. Comme si une femme célibataire devait forcément avoir mauvaise mine ! L’œil terne, le teint blafard, triste, sans éclat. Je ne voudrais pas minimiser l’impact de notre partenaire sur notre beauté mais il faut reconnaître que beaucoup de femmes ne parviennent pas à profiter pleinement de leur période de vie en solo. Certaines investissent tout leur temps, et beaucoup d’énergie émotionnelle, pour rencontrer quelqu’un. Qui exactement ? Pas ou peu d’importance. Bien entendu nous avons tous et toutes une liste en tête des atouts de notre futur(e) conjoint. Mais le plus souvent, nous l’oublions sitôt qu’un like apparaît. Et c’est pour cette raison qu’après un certain temps, nous nous retrouvons à nouveau seul(e).
Si l’on estime que la solitude est une période transitoire, on cessera de se lamenter sur son sort. Cesser de lutter contre la solitude et commencer à vivre. Ne pas considérer chacune des sorties entre amis comme une chasse à l’homme ou à la femme car lorsqu’on n’a attrapé aucune « proie », on  est malheureux et tout simplement incapable de profiter des autres joies de la vie.

Apprivoiser sa solitude

L’accepter comme un fait. Psychologiquement c’est faire preuve de santé mentale. Revisiter en son fort intérieur son parcours. Où en sommes-nous de notre vie ? A quelle étape ? Qui aimerait-on rencontrer ? Où aimerait-on aller avec elle ou avec lui ? N’importe où pourvu que l’on nous tienne par la main ?  Il faut avancer. La solitude ne conduit pas forcément à une impasse, elle ne prive ni de bonheur ni de joie. Mais le manque d’amour peut nous mener vers des relations dont nous ne voulons pas.
Passive, vivant dans un sentiment de culpabilité, on a érigé un mur autour de soi et oublié de construire les ponts-levis. J’ai croisé une personne qui m’intrigue, elle a éveillé mon intérêt. Mais attention, pas de précipitation !  Je ne me jette pas tête baissée dans une relation. A l’opposé je ne prends pas mes jambes à mon cou de peur d’être déçue ou rejetée. Si quelque chose ne va pas, je m’en vais. Je ne répète pas mes erreurs passées. Je suis à présent une personne adulte, capable de reconnaître le signal d’alarme et de tirer ma révérence à temps, sans trop de dégâts. Je suis vigilante et j’observe ce qui se passe autour de moi, et en moi : mes exigences ne sont-elles pas trop hautes ? Ou, à l’inverse, pas assez élevées ?

Sortir de la solitude dépend de soi. Trouver un partenaire, pas uniquement

Le hasard, les coïncidences, le bon moment au bon endroit, l’état d’esprit, la chimie amoureuse qui prend ou ne prend pas. Vouloir à tout prix « être avec quelqu’un » provoque des tensions intérieures et empêche de vivre sa vie en solo sereinement. Tout devient douloureux et la dépression, souvent, n’est pas loin. Nous nous enfermons dans la tristesse, la passivité et l’ennui en nous détournant des autres. Ce retrait n’est pas forcément visible pour les autres car il n’est pas toujours synonyme d’isolement physique.
Nous sortons, rencontrons des gens, discutons mais nous ne sommes pas conscients que nous sommes bloqués à l’intérieur. Que quelque chose en nous, nous empêche de sortir de la solitude. Nous ne donnons pas la moindre chance à quiconque d’entrer dans notre vie.
Difficile de construire une relation intime si nous ne ressentons quelque chose que pour nous-même.
Au lieu de nous motiver, le sentiment d’incomplétude devient un piège, un obstacle. Il nous entrave et nous empêche toute rencontre avec un homme, tout simplement pour faire connaissance. Le désespoir des femmes seules est visible, palpable. Les hommes le sentent.

Vivre en solo c’est aussi et avant tout vivre

La solitude ne frappe pas que les gens seuls, on peut aussi vivre seul en couples, même si en apparence tout va parfaitement bien. Beaucoup de personnes très séduisantes n’ont pas de relation amoureuse ou alors se complaisent dans des relations occasionnelles et souvent ratées. Cesser de se concentrer sur sa solitude, s’ouvrir aux autres et aller vers eux est primordial. Chaque occasion d’être avec les autres est une chance. Il s’agit de montrer une attitude ouverte et d’être bien disposée envers les autres. Une femme va se promener avec son chien, elle va rencontrer un homme qui lui aussi se promène avec son chien et une relation va peut-être naître. Une autre femme alignera les rencontres sans lendemain avec des célibataires sans être capable de construire du lien. Elle ne parvient pas à s’engager.

Construire une relation ce n’est pas mener une enquête

Ne pas s’enfermer dans la discussion, laisser les choses se faire librement, le courant entre deux personnes passe par le regard, il faut être curieux mais sans scanner son partenaire : est-ce qu’il me plaît, ses chaussures sont -elles bien, pourquoi ne voit-il pas que mon verre est vide ? Il devrait me servir de vin… Concentrée sur soi-même et sur sa solitude, on sort mais en même temps on a peur de l’impression que l’on fait sur les gens. Tellement peur du silence que l’on parle à tout bout de champs et assène des questions comme des coups de bâtons. Comme une enquêtrice. Où travailles-tu ? Que fais-tu à présent ? As-tu pris un crédit pour payer ton logement ?

Il s’agit de s’intéresser à quelqu’un, pas de tout savoir sur lui ou elle. Il ne suffit pas d’être bien avec cette personne, que ce soit agréable, mais d’être honnête l’un avec l’autre. Ce n’est pas un déjeuner d’affaire. Voulons-nous être aimée ou likée ? Ne pas s’attendre forcément à des compliments, des mots d’adoration et à ce que tout soit sublime. Ne pas se lamenter s’il ne nous fait pas éclater de rire, s’il ne trouve pas les mots les plus romantiques du monde ou s’il ne nous a pas séduite au premier regard. Mais être attentive à ce qui se passe vraiment entre nous, aux gestes simples, spontanés et sincères. Se dire qu’il est possible que quelque chose d’important soit en train de se nouer, pas une poussée d’adrénaline non, mais une histoire amoureuse et tendre.

Source : Aleteia (Mai 2017)