Le plan marketing pour vous faire acheter la future viande artificielle

Fabriqués en laboratoire, les aliments in vitro offrent une alternative intéressante (?) notamment pour les défenseurs de la cause animale mais souffrent d’une mauvaise image. Avant une commercialisation dans les années à venir, l’industrie prépare sa communication, tandis que les régulateurs s’interrogent encore sur ces nouvelles biotechs.

De la viande créée sans tuer ni poule, ni vache, ni cochon. Alors que les cas de maltraitance animale dans les abattoirs choquent et que les appels à cesser de manger de la viande ou tout du moins d’en diminuer drastiquement la quantité se multiplient, la viande créée en laboratoire pourrait bien offrir une alternative viable (NDLR, si les animaux étaient bien traités dans les abattoirs, quel prétexte trouveraient les lobbys pour nous vendre ses OGM ?). Seul problème : son nom. Qui se verrait en effet manger de la nourriture in vitro rappelant inévitablement les bébés-éprouvettes ? Les laboratoires auraient pourtant déjà trouvé la parade avec la dénomination “clean food” explique Quartz, qu’on pourrait traduire par “nourriture saine” ou “nourriture propre”. (NDLR, une société aseptisée sans microbes, sans maladies, sans mort et sans Dieux mais avec des consommateurs qui engraissent les plus riches nantis… Un monde superficiel, artificiel mais totalement idyllique…)

Porté par le tout nouvellement établi à Washington Good Food Institute –le lobby de la nourriture crée en laboratoire-, un tel nom suggère que le produit n’entrave en rien le bien-être animal ou n’impacte que peu les ressources de la planète, souligne Quartz. Logique, à l’heure où une attention toute particulière est apportée au jour de dépassement global,cette date à partir de laquelle l’humanité vit “à crédit” -le 8 août cette année, contre le 13 août en 2015 (NDLR, çà vient faire quoi dans cet article ? D’ailleurs quelle logique basée sur quel “calcul” ??)

“Clean food” ne serait toutefois que l’appellation générique des produits puisque le lobby compterait s’appuyer sur une étude réalisée par l’ancien directeur exécutif du Centre de politique et promotion de la nutrition, Brian Wansink, selon laquelle “renommer des aliments pour les faire sonner plus attrayants entraîne une augmentation de 27% des ventes de légumes dans les cafétérias d’école. En outre, la pratique permettrait de se sortir au mieux des contraintes réglementaires concernant l’appellation des aliments, qui correspondent à des définitions précises mises en places bien avant que des formes alternatives de viande, lait ou légumes n’existent.

Coût incertain et impact écologique

Invention récente –de la viande de porc a été créée en 2009-, la nourriture in vitro pourrait arriver rapidement dans les assiettes des consommateurs. Le premier burger cuisiné (NDLR, “cuisiné” (!) ) avec de la viande in vitro, créée par le Dr Mark Post de l’Université de Maastricht et son équipe, a ainsi été dégusté (!) en août 2013 et le verdict a été plutôt satisfaisant. En fermant les yeux (NDLR, meilleur façon de tromper le goût.. mais autant prendre des pilules ?), Hanni Rütlez, nutritionniste (NDLR, mais pas gourmet !) au Future Food Studio qui étudie les tendances à venir, a ainsi déclaré avoir l’impression de manger du bœuf et non un steak végétal et ce malgré le manque de gras notable.

Une expérience intéressante mais qui a tout de même coûté 250.000 euros, financés par le co-fondateur de Google Sergey Brin, rallié à la cause du bien-être des animaux (NDLR, Tout s’explique…). Dans une interview accordée en juillet 2014 à The Observer, le Dr Mark Post et nuançait le coût de production. Selon les projections de son équipe, en produisant à une échelle plus importante celui-ci pourrait tomber à environ 18 euros le kilos, voire même baisser au même niveau que celui de bœuf, pour peu que des améliorations soient apportées au processus. S’il est difficile de quantifier le coût de fabrication d’un kilo de viande de bœuf,  la carcasse de génisse s’échangeait en moyenne à 5,40 euros le kilo (prix HT au 22/07 au marché de Rungis), tandis que le steak haché était vendu 9.04 euros (prix TTC au détail)

Se pose également la question du coût environnemental. La production in vitro utilise infiniment moins de terres que celle de viande de bœuf, mais elle ne serait pour autant pas moins énergivore dans sa création, selon étude américaine parue fin 2015. Cette absence d’écart viendrait du fait que là où les animaux assurent de par leur organisme la fabrication de la masse musculaire, cette tâche incombe uniquement à une énergie industrielle dans le cas de la viande in vitro.

La question de la régulation en suspens

Pour l’heure, la question de l’impact écologique et économique reste en suspens et c’est celle des autorisations légales à laquelle il faudra d’abord répondre, ce qui ne s’annonce pas une mince affaire. Au sein de l’Union européenne, les hormones de synthèses (NDLR, enfin les vrais mots sont posés sur les ingrédients !) utilisées dans la concoction de la viande in vitro sont en effet interdites.

Aux États-Unis, on ignore encore quelle autorité sera chargée des autorisations : le ministère de l’Agriculture, qui régule viandes, volaille et œufs, ou l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA pour Food and Drug Administration), s’interrogeait fin août la revue Science. Face à ces nouveaux défis, la Maison Blanche veut moderniser les règle$ qui régissent les biotechnologie$ de l’agriculture, tandis que les Académies nationales des Sciences, de l’Ingénierie et de la Médecine de Washington préparent pour la fin de l’année un large rapport sur les développements futurs et la régulation du secteur.

Une commercialisation de la viande in vitro pourrait arriver d’ici à 2021 selon le Dr Mark Post, tandis que la biotech Perfect Day espère mettre sur le marché en 2017 son lait artificiel sans lactose mais avec des protéines de lait (NDLR … de synthèse ?). L’industrie a déjà eu le temps de préparer son arsenal, pour les régulateurs, le temps presse (NDLR, traduire : forte pression des lobbys sur eux).

Source : La Tribune (Septembre 2016)