Bizarre… Cancer de la thyroïde : +500 000 personnes surdiagnostiquées

L’épidémie de cancer de la thyroïde observée dans les pays développés depuis 20 ans serait en réalité liée à un surdiagnostic.

 C’est une affaire dont il faudra certainement tirer les enseignements. Depuis les années 1980, on s’alarme dans les pays développés de ce qui semble être une épidémie de cancers de la thyroïde. Un phénomène en trompe-l’œil, si l’on en croit la dernière publication du New England Journal of Medicine, produite par le Centre International de Recherches contre le Cancer, organe ONUsien basé à Lyon.

Dans ces travaux, les auteurs montrent ni plus ni moins que la majorité des cancers thyroïdiens observés dans les pays développés au cours des deux dernières décennies n’en seraient en fait pas. Ils seraient liés à un surdiagnostic massif, qui concernerait un demi million de patients (470 000 femmes et 90 000 hommes), opérés et traités à tort, donc.

70 % à 80 % de surdiagnostic en France

Douze pays développés sont concernés par ce surdiagnostic de grande ampleur (Australie, Danemark, Angleterre, Finlande, France, Italie, Japon, Norvège, République de Corée, Écosse, Suède et États-Unis), à des taux variables selon les régions. En Corée du Sud, par exemple, le phénomène concernerait 90 % des patients diagnostiqués entre 2003 et 2007. En Australie, en France, en Italie ou encore aux États-Unis, le surdiagnostic est évalué entre 70 et 80 %, et à 50 % pour le Japon et les pays nordiques.

Ces chiffres ahurissants sont liés à l’introduction de l’échographie dans ces pays, dans le cadre de dépistages organisés. Les nouvelles techniques d’imagerie ont permis de détecter les plus petits nodules dans l’organisme. Sauf que ces petites tumeurs ne seraient en réalité que des micro-cancers de type papillaire, dont le pronostic est excellent, avec une survie proche de 99 % à 20 ans.

Débaptiser ces micro-cancers

Des spécialistes tirent la sonnette d’alarme depuis quelques années, préconisant une surveillance rapprochée à la place d’un traitement agressif délivré d’emblée pour ces petites tumeurs à faible risque de progression. Pourtant, « la majorité des cancers surdiagnostiqués ont été traités par des ablations complètes de la thyroïde, souvent associées à d’autres traitements nocifs comme l’ablation des ganglions du cou ou la radiothérapie, sans bénéfices prouvés en terme d’amélioration de la survie », précisent les auteurs, cités dans le communiqué du CIRC (NDLR, Rien de grave donc…).

A en croire les experts (NDLR, experts linguistes et statistiques ?), ces microcancers devraient porter un autre nom afin de dédramatiser le diagnostic et permettre aux patients qui le souhaitent d’opter pour une simple surveillance.

« Il est crucial d’avoir plus de données de recherche pour évaluer les meilleures approches face à l’épidémie de cancers de la thyroïde et éviter des préjudices inutiles pour les patients », concluent les auteurs.

Source :Pourquoi docteur ? (Aout 2016)

NDLR, Décryptage :

 1) L’article nous informe tranquillement que de nombreuses ablations de la thyroïde sont inutiles et que les traitements associés sont NOCIFS, mais pas de coupables et encore moins de procès..! Tant pis pour les patients devenus handicapés qui doivent passer le reste de leur vie à prendre des médicaments inadaptés ?

2) Rapprochons également cet article du fait qu’aucune agence sanitaire officielle ne veut reconnaitre le lien entre l’augmentation de la radioactivité ambiante (depuis Tchernobyl… il y a 30 ans) et les dorénavant  “non cancer” de la thyroïde (voir ici)… Économiquement profitable non ? Depuis Fukushima c’est encore pire et les effets secondaires de la catastrophe ne peuvent plus être endigués depuis l’accident de mars 2011 ! En effet, les radiation des accidents nucléaires ne se dissipent pas facilement, ce qui explique que les estimations de temps de nettoyage à Fukushima aillent de 40 à 500 ans, et près de six ans se sont déjà écoulés. Les matières nucléaires, même stockées en toute sécurité, étant dangereuses pendant 100.000 ans… De plus, de grandes quantités de corium pourraient atteindre l’eau souterraine, et même l’aquifère qui est finalement relié à l’alimentation en eau de Tokyo… Sachant que des milliers de m3 d’eau irradiée s’échappent chaque jour vers la mer*, il est certain que de nombreux désordres thyroïdiens surviendront ; mais pas de panique, ce ne seront pas des cancers ! Désormais non reconnus et présentés comme le fruit d’un surdiagnostic (??) pourquoi  soigner voire indemniser une non maladie !

3) Questions…

AB

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En date de mars 2016, on compte pas moins de 10 millions de sacs et 128 000 dépôts “provisoires” dans la préfecture de Fukushima. Les sacs de déchets sont omniprésents sur le territoire, en dépit du désarroi des résidents ; près des écoles, et jusque dans les jardins des habitants (L’habitation n’est pas “dépolluée” pour ceux qui refusent..).

(*) Les chiffres exponentiels de l’eau contaminée

  • En décembre 2014, 320 000 tonnes d’eau hautement radioactive étaient stockées dans environ 1 000 énormes réservoirs sur site, dans l’attente d’être traitées et débarrassées des 62 éléments radioactifs qui la contaminent (sauf le tritium, pour lequel aucune solution de traitement n’a été trouvée).
  • Chaque jour, 300 tonnes d’eau sont déversées sur les cuves des réacteurs des unités 1, 2 et 3 pour les refroidir. On ne sait même pas à quelle profondeur se trouvent les cœurs des réacteurs…
  • Chaque jour, 800 tonnes d’eaux souterraines s’écoulent sur le site, dont 300 à 400 tonnes deviennent radioactives.
  • Chaque jour, 400 tonnes d’eau hautement radioactive se déversent dans l’océan Pacifique. À noter que ce chiffre ne comprend pas la dernière fuite annoncée en février par Tepco. On estime que 11 000 tonnes d’eau hautement radioactive sont stockées dans des tranchées, que Tepco a essayé de pomper avec un succès limité.