Des nanoparticules toxiques dans nos assiettes

Des nanoparticules ont été retrouvées dans de la blanquette de veau William Saurin, des chewing-gums Malabar, des gâteaux Napolitains de LU et un mélange d'épices pour guacamole Carrefour. © Cliché réalisé par le LNE pour le compte de Agir pour l’Environnement

Elles sont partout. Invisibles à l’œil nu, les nanoparticules envahissent notre quotidien. Sur les aliments, les additifs et autres exhausteurs de goûts prennent désormais la forme de poudre, indiscernable.

Discrète, cette dernière permet aux bonbons de briller et aux crèmes d’être d’un blanc immaculé. Cependant, l’agroalimentaire se garde bien d’évoquer ces particules. Aucun étiquetage n’informe le consommateur de leur présence.

Agir pour l’environnement s’est donc chargée de lever le voile sur le secret du premier secteur économique français. Pour cela, l’association a fait étudier quatre produits disponibles en grandes surfaces par le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE): les gâteaux Napolitains de Lu, des chewing-gums Malabar, de la blanquette de veau en conserve William Saurin et enfin, du mélange d’épices pour guacamole de la marque Carrefour.

Les résultats sont formels, des nanoparticules de dioxyde de titane (additif colorant E171) ont été trouvées dans les trois premiers, quand des nanoparticules de dioxyde de silice (additif antiagglomérant E551) sont dans le mélange d’épices pour guacamole.

Si la France n’avait jamais connu une telle révélation, l’ONG internationale les Amis de la terre a pointé du doigt la présence de nanoparticules dans 14 produits phares en Australie. Parmi eux, les M&M’s, les Skittles ou encore les Mentos.

Une notion difficile à définir

La nanoparticule dont la taille est reconnue comme “inférieure à 100 nanomètres“, doit être ajoutée “intentionnellement” et être “manufacturée“.

Ainsi, le 2ème acteur mondial de l’agroalimentaire, Mondelez, affirme que le dioxyde de titane (E171) utilisé de ses produits “n’est pas manufacturé de façon à être aux dimensions nano“.

Leur colorant blanc n’entrerait donc pas dans la définition, bien que les particules de plus grandes tailles soient tout aussi préoccupantes d’après le Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux.

Cancérogène?

Malgré l’abscence de recherche épidémiologique quant aux nanoparticules que nous ingérons sans le savoir, des études en laboratoire effectuées sur des animaux alertent sur les risques de perturbations cellulaires et génétiques, d’allergies, d’inflammations ou de lésions, pouvant être la cause de cancers.

Le dioxyde de silice (E551), présent dans le sucre et le sel, est notamment réévalué pour sa toxicité.

Bien que les quantités retrouvées dans les produits par la LNE soient infinitésimales, l’exposition quotidienne aux nanoparticules pourrait être nocive pour l’organisme. En effet, celles-ci sont également dans l’aluminium, les cosmétiques et certains ustensiles.

Un registre R-Nano

En 2013, la France créait R-Nano un registre ayant vocation à rendre compte de toutes “substances à l’état nano particulaire”. Dans le bilan de l’année dernière, 416.000 tonnes ont été déclarées.

Pourtant, ce chiffre ne serait pas fidèle à la réalité puisque la définition de nanoparticules établie permettrait aux industriels de contourner les règles et ainsi, ne pas voir leurs produits recensés.

Le consommateur continue donc d’ingérer ces nanoparticules, indépendamment de sa volonté.

Source : Nice Matin (Juin 2016)