Longévité : une simple vitamine pour rajeunir ?

La nicotinamide riboside (NR) pourrait avoir des effets anti-vieillissement.

Une étude internationale, parue dans la revue Science, révèle une percée prometteuse pour la médecine anti-âge. Une vitamine appelée nicotinamide ribosid, déjà connue pour booster le métabolisme, pourrait rétablir la capacité du corps à se régénérer ou se réparer par lui-même.

Le rôle des mitochondries dans le fonctionnement des cellules souches

Avec l’âge, le processus de régénération des cellules et des organes se détériore. Les “centrales électriques” des cellules – qu’on appelle les mitochondries – perdent en énergie, empêchant les cellules de se renouveler.

Des chercheurs suisses, canadiens et brésiliens ont observé comment ces changements se produisaient au fil du temps. Le rôle primordial des mitochondries pour le métabolisme en général a déjà été démontré, mais c’est la première fois que leur bonne santé est révélée décisive pour le fonctionnement des cellules souches.

En temps normal, et quand on est jeune, ces cellules souches régénèrent des organes endommagés en produisant des nouvelles cellules spécifiques. “Nous avons constaté que des cellules souches affaiblies étaient une des causes principales de faible régénération ou même de dégénérescence de certains tissus ou organes”, explique le Dr Hongbo Zhang.

Revitaliser les cellules souches avec de la nicotinamide riboside

L’expérience a consisté à revitaliser ces cellules souches dans les muscles de souris âgées, en leur administrant de la nicotinamide riboside (NR), une substance proche de la vitamine B3, précurseur de NAD +, une molécule qui joue un rôle clé dans l’activité des mitochondries. Les niveaux de NAD+ peuvent être épuisés par le stress de la durée de vie.

Les résultats, publiés aujourd’hui dans la revue Science, se sont avérés extrêmement prometteurs. La régénération musculaire est bien meilleure chez les souris qui ont reçu la NR et ces dernières ont vécu plus longtemps que les souris qui ne l’ont pas reçue. Jusqu’ici, aucun effet secondaire négatif n’a été observé après l’utilisation de la NR, même à de hautes doses.

Une molécule à identifier dans les aliments

La molécule NR a été détectée dans le lait. On suspecte aussi sa présence dans la bière, mais elle est très difficile à doser, si bien qu’on ignore précisément dans quels aliments elle se trouve et en quelle quantité, expliquent les spécialistes. On trouve aujourd’hui la substance sous forme de compléments alimentaires vendus par des laboratoires, mais aucune validation scientifique ne préconise leur utilisation.

Pour les chercheurs, ces découvertes représentent des implications importantes dans le domaine de la médecine régénératrice. L’idée serait de rétablir la capacité du corps à se réparer avec un produit qui peut être pris avec de la nourriture.

Ces travaux suggèrent aussi la possibilité de traiter les maladies qui peuvent affecter – et être fatales – chez les jeunes, comme la dystrophie musculaire, forme de myopathie.

D’autres études plus approfondies devront être menées pour observer l’action de cette substance sur des cellules qui pourraient être potentiellement pathologiques.

Source : Doctissimo (Mai 2016)

NAD+ repletion improves mitochondrial and stem cell function and enhances life span in mice ; BY HONGBO ZHANG, DONGRYEOL RYU, YIBO WU, KARIM GARIANI, XU WANG, PEILING LUAN, DAVIDE D’AMICO,EDUARDO R. ROPELLE, MATTHIAS P. LUTOLF, RUEDI AEBERSOLD, KRISTINA SCHOONJANS, KEIR J. MENZIES, JOHAN AUWERX ; Science 28th April 2016 (abstract en ligne)