Le bouleau, bourreau des allergiques

Les pollens de cet arbre, particulièrement redoutés, se répandent en abondance.

Cette fin de semaine d’avril 2015 est classée rouge, et tout particulièrement ce dimanche 10 Avril, en raison du beau temps prévu. Les retours de week-end n’y sont pour rien : on parle ici d’allergies. Les pollens de bouleau débarquent en effet en masse sur le nord de la France. Avec eux, « les allergiques vont devoir se préparer pour une période difficile », souligne, dans son dernier bulletin, le Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA), une association qui mesure par des capteurs la concentration des pollens dans l’air.

La double peine

Pour Lucie, une trentenaire habitant Montreuil (Seine-Saint-Denis), cette alerte du RNSA a pris la forme, hier, de magnifiques yeux rouges au réveil. « Cela fait deux semaines que je sens que mon allergie aux pollens revient, et voilà une semaine que j’ai repris mon antihistaminique pour lutter contre le nez qui coule, les yeux qui piquent et qui grattent. Lorsque je suis dans un parc et qu’il y a un coup de vent, j’éternue à coup sûr à cause des pollens qui volent », explique-t-elle. Dans le sud du pays, ce sont plutôt les pollens de platane qui tiennent actuellement le haut du pavé.

Les mouchoirs sont donc de sortie pour les 30 % d’adultes et jusqu’à 20 % d’enfants allergiques aux pollens, selon un rapport de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses).

Une personne sur deux sera allergique en 2050

Le saviez-vous ? La majorité des allergiques aux pollens de bouleau ont aussi des allergies avec des aliments. Hasard du calendrier, un salon dédié à toutes les allergies alimentaires* se déroule jusqu’à aujourd’hui à Paris. Ces allergies croisées s’expliquent par une ressemblance de structure entre certaines protéines du pollen et des aliments. Une augmentation des symptômes est d’ailleurs souvent observée durant la saison des pollens. Bref, c’est la double peine. Mais si le nombre d’allergiques augmente avec les années, il n’en est pas de même pour les allergologues. Ils ne sont actuellement que 2 050, soit 1 pour 30 670 habitants, et leur nombre ne cesse de décroître. Pour 2020, l’estimation est de 1 710 allergologues. Cette baisse est d’abord due au fait que ceux qui partent à la retraite ne sont pas remplacés, mais il y a aussi un frein à la vocation puisque l’allergologie n’est pas une spécialité reconnue, souligne le Syndicat français des allergologues (Syfal) qui réclame la mise en place d’un DES (diplôme d’études spécialisées) d’allergologie.

Une spécialisation qui, demain, ne sera pas un luxe : d’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de la moitié des populations occidentales sera allergique en 2050.

*Salon des allergies alimentaires et des produits sans (SAAPS), palais des Expositions. Porte de Versailles. De 10 heures à 18 h 30. Tarif : 8 €.


Les bons gestes pour se protéger

En attendant la pluie qui va soulager les allergiques aux pollens, voici quelques habitudes à adopter. On continue d’aérer son logement mais seulement aux heures stratégiques : tard le soir ou tôt le matin. Vous aviez l’habitude de sortir de chez vous tout de suite après la douche, sans prendre le temps de sécher vos cheveux ? Pas question : les pollens s’accrochent en effet aux cheveux mouillés.

Tout comme ils s’accrochent aux fibres des vêtements. Alors, en fin de journée, on se déshabille dans la salle de bains (pas dans la chambre) et on prend une nouvelle douche pour se débarrasser des pollens avant de se rincer le nez et les yeux avec du sérum physiologique. En toute logique, on ne fait pas sécher son linge dehors actuellement. A l’extérieur, portez chapeau et lunettes. Évitez évidemment les activités physiques intenses dans les parcs ou jardins, ainsi que les pique-niques. Et en voiture, roulez les fenêtres fermées.

Il faut aussi prendre un traitement dès les premiers symptômes. Les plus courants sont les médicaments antihistaminiques et les corticoïdes locaux en pulvérisation nasale, auxquels viennent s’ajouter les dilatateurs bronchiques lorsque l’allergique souffre également d’asthme. Dans les cas les plus sérieux, les allergologues conseillent la désensibilisation, comme pour les allergies alimentaires, d’ailleurs.

NDLR : Il serait bon que les aménageurs d’espaces publics changent leurs habitudes et arrêtent de planter le bouleau en zone urbaine lors d’opérations de rénovation par exemple…
“La majorité des allergiques aux pollens de bouleau ont aussi des allergies avec des aliments” : tient donc ! L’allergie comme l’allergène ne sont pas la cause mais l’effet (article ici). Nous vivons dans un monde pollué néfaste à notre “bonne” santé, nos défenses sont affaiblies voire dépassées : le pollen (associé à une alimentation déséquilibrée et sans vie) ou tout autre élément néfaste rompt un équilibre précaire. C’est le terrain qui engendre la maladie.
Source : Le Parisien (Avril 2016)