(Maj 15/02/2016) Zika, la musique est connue

Le laboratoire français, qui a annoncé mardi un bénéfice de 7,37 milliards d’euros, pourra lancer un essai clinique de vaccin contre le virus Zika dans un an. Son vaccin contre la dengue constitue un sérieux atout.

Alors que l’épidémie du  virus Zika se propage de façon inquiétante, la course au vaccin est engagée (NDLR, n’est-ce pas plutôt la course au profit par la peur que l’on propage de façon inquiétante ?). Le 1er février, l’Organisation Mondiale de la Santé a déclaré que l’épidémie constituait une “urgence absolue de santé publique mondiale”. Le Français Sanofi avait répondu à cet appel en annonçant la semaine dernière qu’il se lançait dans la course. Mardi 9 février, lors de la présentation de ses résultats, il a précisé qu’il lancera un essai clinique “dans un an”.

Sanofi n’est pas seul à chercher un vaccin, loin de là. Le géant britannique GSK, qui dispute à Sanofi la première place du marché des vaccins (avec 25% de part de marché), a fait savoir qu’il engageait “des études de faisabilité” pour voir si sa plate-forme était adaptée à la fabrication de ce vaccin. Le géant français affrontera aussi quelques biotechs: la française cotée Valneva, l’Américaine Hawaii Biotech, qui développe déjà un vaccin contre la dengue, le consortium formé par deux universités et une association américano-coréenne (Inovio Pharmaceuticals et la sud-coréenne GenOne Life Science) ou encore le discret laboratoire indien Bharat Laboratories.

1,5 milliard déjà investis dans la dengue

Mais Sanofi a pour lui des atouts importants. Dans cette course, le laboratoire français est “dans une position particulièrement favorable”, a souligné son directeur général, Olivier Brandicourt. Il compte sur ses décennies d’expertise dans les vaccins (NDLR, ainsi que les intox en matière de communication, des effets secondaires des vaccins à l’aluminium où leurs inutilités, les comités d’experts bidonnés, les intérêts de Bigpharma et des labos à protéger..), ainsi que sur une carte maîtresse: sa connaissance de la dengue, virus contre lequel le groupe a été le premier au monde à produire un vaccin, Dengvaxia, autorisé (NDLR, Très récemment…) au Mexique, au Salvador, aux Philippines et au Brésil. Un développement qui a été l’aboutissement de “deux décennies et 1,5 milliard” de dollars, a rappelé Olivier Brandicourt. Le développement d’un vaccin contre le Zika “est une optimisation de ce que nous savons faire avec la dengue”, a t-il précisé.

Un vaccin “chimérique” pour vaincre Zika

Transmis par le même moustique, le virus Zika est très proche génétiquement de la dengue. Comme l’encéphalite japonaise, la fièvre jaune ou la dengue, il appartient à la famille des flavivirus. Les virologues du laboratoire français vont donc s’appuyer sur leur connaissance de la dengue pour trouver la “carte d’identité” virale du Zika. Ensuite, la fabrication du vaccin reposera sur la même technologie que celle employée contre la dengue. Une méthode dite “chimérique”, procédant par génie génétique. Au lieu d’utiliser des formes atténuées de cellules vivantes du virus, Sanofi a développé un vaccin composé du cœur du virus de la fièvre jaune et d’une enveloppe mélangeant les quatre virus de la dengue. Une forme génétiquement atténuée de la maladie, reproduite ensuite par culture cellulaire. La méthode pourrait être dupliquée pour produire un vaccin contre Zika.

L’autre grand atout du laboratoire est son expertise en épidémiologie, compétence clé pour développer un vaccin. Pour obtenir une autorisation, un laboratoire doit en effet être en mesure de documenter de façon détaillée la façon dont un virus se propage et se manifeste (NDLR, aux vues des intérêts financiers en jeu et de la puissance des lobbys on y croit…), et de déterminer qui sont les populations à vacciner en priorité. La zone où sévit Zika est la même que celle touchée par la dengue. Les connaissances épidémiologiques accumulées sur la dengue pourront donc servir pour Zika.

Qui vacciner? Question qui sera centrale

Pour protéger les populations de cette maladie, la question de la cible à vacciner sera centrale. “Pour une vaste majorité des cas, le Zika est une infection modeste”, a rappelé Elias Zehrouni, le patron de la recherche. “Une personne sur cinq présente des symptômes. Le vrai problème, c’est la femme enceinte. Comment réussir à protéger les femmes enceintes ou en âge de le devenir?”. (NDLR, L’ONU a trouvé la solution : elle demande aux pays chrétiens touchés de légaliser l’avortement ..!)

Pour accélérer le calendrier, Sanofi compte aussi sur la collaboration d’un réseau international d’experts externes (NDLR, souvent en conflit d’intérêts..). Enfin, le laboratoire pourrait accélérer le processus en élargissant au Zika des essais cliniques encore en cours pour la dengue, si les autorités de santé brésiliennes le lui permettent.

Un soutien financier des gouvernements

En dépit de tous ces atouts, le laboratoire ne pourra probablement pas commercialiser son vaccin avant quatre ans. Il compte sur le soutien des gouvernements – notamment américain – pour lancer des essais cliniques “extrêmement coûteux”. Lundi soir, le président américain Barack Obama a annoncé son intention de débloquer 1,8 milliard de dollars pour la prévention et la recherche sur Zika (NDLR, tien donc ?!)

Mais il faut en principe trois ans pour réaliser les essais, qui demandent des milliers de malades. Le vaccin contre la dengue a été testé auprès de 45.000 personnes. Et Sanofi n’entend pas transiger avec la sécurité, “plus importante que tout”, comme l’a souligné Olivier Brandicourt.(NDLR, çà c’est pour la comm)

En 2015, le géant pharmaceutique français a publié un bénéfice net annuel de 7,37 milliards d’euros, conformes aux attentes (NDLR, çà a pas l’air d’être la crise pour eux ?). Il a été confronté à un déclin brutal des ventes de son médicament phare contre le diabète aux Etats-Unis, compensé par les performances excellentes dans les maladies rares de sa filiale américaine Genzyme.

Source :Challenges (Février 2016)


En echo (source : Le salon Beige)

Le virus Zika : une intox sanitaire ?

Lu sur le blog d’Albert Barrois :

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“Une famille de médecins qui lancent une alerte, l’OMS qui veut se rattraper après un mémorable fiasco dû à Ebola, des laboratoires pharmaceutiques en recherche de nouveaux vaccins à produire, une très vraisemblable augmentation du nombre de microcéphalies, un virus exotique et mystérieux, des organisations qui profitent de l’occasion pour demander une libéralisation de l’IVG en Amérique du Sud, et j’en passe. Tous les ingrédients sont réunis pour tomber dans un béchamel infernale, un genre de “perfect storm” Et pourtant le lien entre microcéphalie et le virus Zika est au mieux très faible. En revanche le Brésil semble faire face à une menace, bien réelle celle là, mais qui pourrait ne rien avoir à faire avec Zika.

Zika pire qu’Ebola, vraiment ?

Certains ont cru pouvoir annoncer que Zika serait pire qu’Ebola. C’est faire peu de cas des données épidémiologiques : Ebola tue 30 à 50% des personnes infectées, quand Zika n’induit aucun effet chez 80% des personnes atteintes, et des effets mineurs chez les 20% restants. Cependant Zika a également été associé à deux pathologies : le syndrome de Guillain Barré, dont je ne reparlerai pas ici, et des microcéphalies. Ce sont surtout les microcéphalies qui ont focalisé l’attention ; qui pourrait rester insensible face à des bébés aux têtes si petites manifestement anormales. Et pourtant le lien n’est pas établi à ce jour ; NatureThe Lancet, et jusqu’au Bulletin de l’OMS ont beau répéter ce simple constat, rien n’y fait. 

Un “commentaire” du Lancet

Les données les plus récentes sont résumées dans un commentaire du très célèbre journal médical The Lancet – on ne peut pas faire plus sérieux et plus fiable. Entre juin 2015 et janvier 2016, 4783 cas de microcéphalies ont été suspectés. À ce jour 1103 cas ont fait l’objet d’un examen clinique poussé et 387 cas ont été confirmés, soit 36,4% – les 786 autres bébés ne présentent pas de microcéphalie. Les quelques 3680 autres cas sont encore en cours d’examen. Par ailleurs Zika a été détecté dans seulement 17 bébés sur 384. Ce chiffre est beaucoup plus important que les cas répertoriés au Brésil jusque là. Cependant il faut savoir comment est diagnostiquée une microcéphalie au Brésil : un tour de tête de moins de 32cm. Ce qui n’est pas suffisant, d’autant plus dans un pays comme le Brésil où 68% des enfants naissent avant terme, notamment en raison du très fort taux de césarienne (Lancet). Les auteurs de l’étude proposent d’autres mesures plus précises que je ne détaillerai pas ici. Mais on peut retenir qu’après n’avoir que rarement diagnostiqué les microcéphalies, l’ensemble du pays a appliqué un critère unique trop approximatif pour être fiable, ce qui a induit de façon inévitable une explosion du nombre de cas détectés.

La prudence de Nature

Dès le 28 janvier le site internet de Nature a publié un commentaire suggérant que les liens entre Zika et microcéphalie devraient d’abord être confirmés. […]

Le nombre de microcéphalies au Brésil, selon les chiffres du Dr Mattos, sont très inquiétants : si ce pays a effectivement un taux de microcéphalies 100 fois supérieur à la moyenne européenne, ce n’est plus Zika l’urgence, mais la microcéphalie. Au pire, Zika pourrait être un facteur aggravant, mais il est très peu probable qu’il soit le principal responsable. N’oublions pas cependant le taux élevé de césariennes pratiquées avant terme évoqué par le commentaire du Lancet, qui pourrait partiellement expliquer ce chiffre qui serait alors artefactuel. En tout état de cause peut-être serait-il plus urgent de se pencher sur ce problème de microcéphalies qui à ce jour semble spécifique au Brésil, avant d’accuser un virus qui jusque là n’avait jamais été considéré comme une menace.”


Maj 15/02/2016

Zika : et si les cas de microcéphalie n’étaient pas dus aux moustiques mais à un insecticide ?

C’est ce qu’affirme un rapport publié par des scientifiques argentins.

Le moustique ou l’insecticide ? Un rapport argentin pointe du doigt le rôle de l’utilisation d’un produit chimique utilisé pour lutter contre les moustiques dans les malformations crâniennes des nouveaux nés, jusque-là imputées au virus Zika. L’étude a été repérée par Paris Match vendredi 12 février.

Ce rapport, menée par l’équipe du Dr Avila Vazquez, un pédiatre spécialisé en néonatalogie, s’intéresse aux effets du pyriproxyfene, un insecticide répandu dans l’eau qui empêche la reproduction des moustique. Fabriqué par l’entreprise Sumitomo Chemical (un “partenaire stratégique” de Monsanto, selon le magazine), il est utilisé depuis un an et demi au Brésil et se retrouve dans l’eau potable.

Zika n’avait pas provoqué de microcéphalie dans les précédentes épidémies

“Les milliers de cas de malformations congénitales, chez des enfants de mères habitant dans des zones où le gouvernement brésilien a ajouté du pyriproxifène à l’eau potable, ne relèvent pas d’une coïncidence”, affirment les chercheurs.

Ils notent par ailleurs que les précédentes épidémies de Zika, maladie relativement bénigne, n’avaient pas causé jusque-là de malformations congénitales chez les nouveau-nés. Et ce, y compris dans des zones où 75 % de la population étaient infectée. Selon les dernières données communiquées par le ministère brésilien de la Santé, le pays a enregistré 462 cas de microcéphalie confirmée, entre les mois d’octobre et de février.

Source :France Info TV (Février 2016)