Poudre du diable : Danger !

Cinq Chinois ont été arrêtés, vendredi 02 Octobre 2015, a l’aéroport de Roissy alors qu’ils s’apprêtaient a regagner leur pays d’origine avec une grande quantité d’argent liquide et de bijoux. Les policiers les soupçonnent d’avoir commis plusieurs vols a Paris ces dernières semaines, a l’aide de scopolarmine, une drogue hautement toxique et hallucinogène baptisée « poudre du diable » ou « souffle du dragon ».

Le mode opératoire :

Prétextant être perdues, de jeunes femmes chinoises demandent leur route a des personnes âgées, dans la rue. Au moment du contact, e||es les aspergent alors de ce fameux cocktail, qui plonge les victimes dans un état second, avant de les dépouiller. Cet été, trois personnes avaient déjà été arrêtées pour des faits similaires.

Qu’est-ce que la scopolamine ?

C’est une substance naturelle. « 0n la trouve tout particulièrement dans le datura », une plante de la famille des solanacées qui pousse en Amérique centrale « dans laquelle elle est particulièrement concentrée », prévient le neurologiste Jean-Pol Tassin, directeur de recherches a l’INSERM et professeur au Collège de France. Elle avait déjà la réputation d’être utilisée par certains gangs en Colombie pour détrousser des passants.

« C’est un produit sédatif très dangereux qui peut même être mortel a haute dose. La scopolamine peut créer des confusions, des hallucinations, des troubles de la conscience, mais aussi des amnésies. Elle ressemble a l’atropine, cette substance présente dans la belladone, que certaines femmes se mettaient dans les yeux a une époque pour dilater leurs pupilles. Elle a également été testée a une période comme traitement de la maladie de Parkinson. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui car c’est une substance qu’il faut vraiment manier avec précaution. » Lors de la Seconde Guerre mondiale, elle aurait également été utilisée par les Nazis comme sérum de vérité.

Comment agit-elle sur le corps ?

Dans le cerveau humain, la communication entre les neurones se fait par l’intermédiaire de neurotransmetteurs. Il en existe au total une centaine, dont un qui s’appelle l’acétylcholine : il est implique dans le traitement de la mémoire. « Ce dernier a deux types de récepteurs. Des récepteurs nicotiniques, réceptifs notamment a la nicotine, et des récepteurs muscariniques, explique Jean-Pol Tassin. La scopolamine vient bloquer ces derniers. » Ce qui peul avoir des conséquences sur la fréquence cardiaque, la sécrétion de larmes. « Mais aussi et surtout sur la conscience et sur la façon dont les différentes structures cérébrales communiquent entre elles. »

La « drogue du diable » agit comme un sédatif central, ou en préservant les foncions motrices. Autrement dit, elle transforme en « zombie » la personne qui l’inhale. Certaines victimes ont ainsi rapporté s’être retrouvées dans un état hypnotique, les mettant complètement sous l’emprise des voleuses. Lesquelles en profilaient pour aller les détrousser jusqu’à leur domicile.

A-t-elle un lien avec la GHB, la fameuse drogue du violeur ?

Oui, en termes de résultats : a savoir la perte de repères de la victime. « Mais ce n’est pas le cas en termes chimiques. Le GHB intervient sur une autre transmission du cerveau, précise le neurobiologiste. Le GHB me parait donc un petit peu moins dangereux que la scopolamine. Il ne laisse pas les mêmes conséquences physiologiques. » D’autant que pour être efficace, la GHB doit être ingérée (le plus souvent sous la forme de boisson). Ce qui n’est pas le cas de la scopolamine.

Faut-il s’inquiéter ?

Il existe tellement de produits potentiels qui peuvent avoir des effets sur le système nerveux central, qu’il y a effectivement de quoi s’alarmer si des gens malintentionnés se mettent à utiliser la scopolamine », estime Jean-Pol Tassin. D’autant qu’il semblerait dans le cas présent qu’elle ait été utilisée sous la forme d’un vaporisateur. « S’il suffit de vaporiser sa victime pour la neutraliser, cela en devient inquiétant. » Et c’est aussi pour cela que la police parisienne prend cette affaire avec autant de sérieux.

Source : Ouest France (Octobre 2015)