En un seul test, la liste de tous vos virus

Des chercheurs de l’école de médecine de Washington ont mis au point un test permettant de détecter plus de 300 virus. Une nouveauté qui pourrait améliorer le diagnostic de nombreuses maladies.

Un patient est parfois soumis à une longue batterie de tests pour détecter le virus qui le rend malade. Une équipe de chercheurs de l’université de médecine de Washington pense avoir trouvé le moyen de simplifier le diagnostic. Ils ont mis au point ViroCap, un test capable de repérer plus de 300 virus de 34 familles différentes, des virus mortels comme Ebola ou le coronavirus, aux virus communs de la grippe ou de la diarrhée.

« Avec ce test, vous n’avez pas besoin de savoir ce que vous cherchez, assure, sur le site de l’université de Washington, Gregory Storch, coauteur de l’étude publiée dans la revue scientifique « Genome Research e. Nous pensons que le test sera particulièrement utile dans les situations où le diagnostic reste ambigu ou dans des situations dans lesquelles nous n’arrivons pas à déterminer la cause d’une maladie.»

52 % de virus en plus

Pour mettre au point ce test, les chercheurs ont récolté 2 millions de séquences génétiques uniques de virus qui infectent les humains et les animaux. Ces dernières agissent comme des marqueurs. Elles sont introduites dans des échantillons biologiques prélevés sur des patients et permettent de révéler les virus éventuellement présents en se collant à eux. Les chercheurs ont évalué ViroCap sur du sang, des selles et des sécrétions nasales de deux groupes d’enfants hospitalisés au St. Louis Children Hospital, dans le Missouri. Il a détecté 32 virus contre 21 pour les tests standards, soit 52 % de virus supplémentaires.

« ViroCap est si sensible qu’il détecte également les souches variantes de virus qui sont étroitement liées génétiquement », affirme Todd Wylie, coauteur de l’étude. Des variations génétiques rarement distinguées par les tests actuels. ViroCap peut également identifier facilement des sous-types viraux, comme le H3N2, sous-type de l’influenza A, le virus de la grippe saisonnière qui a contaminé des dizaines de milliers de personnes l’hiver dernier.

Les chercheurs espèrent que leur méthode pourra également détecter des pathogènes autres que les virus, comme les bactéries ou des champignons, ou bien des gènes associés à une résistance à des antibiotiques ou à d’autres médicaments. L’équipe doit encore réaliser des tests pour valider sa méthode. ViroCap ne sera pas disponible avant plusieurs années dans les centres médicaux.

Source : Ouest France (Octobre 2015)