Des perturbateurs endocriniens décelés dans les vernis à ongles

Un composé chimique présent dans la moitié des vernis à ongles vendus outre-Atlantique…

Le vernis à ongles, indispensable beauté pour de nombreuses femmes, s’avérerait dangereux pour la santé, plus précisément parce qu’il contient un plastifiant soupçonné d’agir comme un perturbateur endocrinien (*). C’est ce que révèle une étude américaine parue le 19 octobre dernier dans la revue Environment International.

Pointé du doigt, le triphenyl phosphate (TPHP). Sous ce nom ce cache un produit chimique utilisé pour rendre le vernis plus souple et améliorer sa tenue. Si le recours au TPHP s’est généralisé pour remplacer le dibutyl phthalate (aussi utilisé dans les peintures et les encres) accusé d’être un perturbateur endocrinien, celui-ci n’est pas moins inoffensif : la molécule affecterait selon certaines études, le système hormonal et la reproduction chez l’être humain.

Une molécule qui traverse la peau

Un constat d’autant plus grave que le vernis à ongles favoriserait l’exposition à cette substance selon les chercheurs de l’université de Duke (Caroline du Nord, Etats-Unis) qui ont remarqué que le produit passerait la barrière de la peau (au niveau des ongles) pour se retrouver, à une concentration elevée, dans les urines des jeunes femmes jusqu’à 14 heures après la pose du vernis.

Un résultat obtenu après analyse des échantillons d’urine de 26 femmes, collectés avant et après l’application d’un vernis à ongles, qui contenait 1 % de TPHP. Les chercheurs ont ensuite mesuré le taux de DPHP (qui se forme lorsque le corps assimile le TPHP) dans les échantillons. « Nos travaux indiquent que le vernis à ongles peut être une source d’exposition significative au TPHP à court terme et chronique pour ceux exposés dans un milieu professionnel » concluent les auteurs de l’étude, cités par Pourquoi Docteur.

Une pétition pour réclamer la fin de l’utilisation du TPHP a été lancée

Selon l’Environmental Working Group (une association américaine de défense de l’environnement et des consommateurs) qui a également participé à l’étude, le TPHP figurerait dans les compositions de la moitié des produits vendus sur le marché américain, et ce même lorsque sa présence n’est pas mentionné sur l’étiquette. Face à cette situation, l’association a lancé une pétition pour réclamer la fin du recours aux perturbateurs endocriniens dans les vernis.

Source : 20 Minutes (Octobre 2015)

(*) Les perturbateurs endocriniens sont des substances qui agissent sur la régulation hormonale des êtres vivants et sont susceptibles de provoquer des effets néfastes notamment sur le développement physiologique des individus exposés pendant la période intra-utérine.