7 millions de femmes souffrent des suites d’avortements à risque

En 2012, 7 millions de femmes ont souffert de complications liées à une IVG clandestine dans les pays en développement. Le véritable chiffre pourrait être encore plus élevé.

Les chiffres avancés par les chercheurs de l’institut américain Guttmacher et parus mercredi dans la revue BJOG (Journal International d’Obstétrique et de Gynécologies) sont alarmants. Sept millions de femmes ont été traitées pour des complications à la suite d’un avortement à risque dans les pays en développement en 2012. Un chiffre auquel les auteurs de l’article sont parvenus en étudiant les données de 26 pays .

800 décès quotidiens liés aux avortements clandestins

Autre statistique glaçante : 800 femmes meurent chaque jour suite à des complications évitables liées à leur grossesse ou leur accouchement. C’est l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui fournit ce chiffre, précisant que 8 à 15% de ces décès font suite à des avortements à risque. Ces derniers seraient d’ailleurs la plus grande cause de mortalité maternelle dans le monde, estime Daphné Lagrou, référente santé sexuelle et reproductive à Médecins sans frontières.

Un accès difficile aux soins et à l’information

En cause, comme l’explique Idrissa Kaboré, démographe et chercheur à l’Institut supérieur des sciences de la population (université de Ouagadougou) en prenant l’exemple du Burkina Faso, la solitude et le manque d’information des femmes concernées. Mais aussi des « potions magiques » toxiques, la difficulté d’avoir accès à un médecin et donc à un suivi médical et le prix prohibitif des médicaments, quand toutefois ils sont disponibles souligne Le Monde.

Le chiffre de sept millions de femmes victimes de complications avancé dans l’article du BJOG pourrait même être sous-estimé. En effet, 40% des femmes souffrant de problèmes de santé suite à un avortement clandestin n’ont pas accès aux soins et ne seraient donc pas prises en compte dans les statistiques.

Pour les besoins de l’étude, les chercheurs de l’institut Guttmacher ont étudié les données scientifiques et les chiffres des systèmes de santé de 26 pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. Une méthode qui leur a permis de déterminer, pour 1 000 femmes de 15 à 44 ans, combien avaient dû recevoir un traitement médical après un avortement à risque. Le chiffre est par exemple de 2,4 au Brésil et de 14,6 au Pakistan, avec une moyenne de 6,9 pour l’ensemble des pays en voie de développement en 2012. D’où une évaluation portant à 7 millions le nombre de femmes concernées.

Source : Ouest-France (Août 2015)