Intestin, bactéries et santé de fer

Il y a 20 ans, des chercheurs découvraient au Pérou une bactérie incroyable. Aujourd’hui vous pouvez facilement l’utiliser pour avoir une santé de fer.

Je vous en dirai plus dans un instant. Mais tout d’abord, connaissez-vous le secret ignoré de beaucoup pour atteindre la santé optimale ?

Ce secret, c’est de prendre soin des bactéries qui colonisent votre corps – en particulier votre intestin.

Notre deuxième cerveau

Les liens entre l’intestin et la santé générale fascinent les chercheurs, qui ont remarqué que lorsque le tube digestif est mal entretenu, peuplé de bactéries et de champignons pathogènes (en particulier Candida albicans), les déséquilibres et troubles de gravité variable se multiplient.

En particulier, vous pouvez souffrir de constipation rebelle, de ballonnements, de diarrhées, d’inflammations diverses, d’altérations de la peau, d’instabilité d’humeur ou de maladies plus graves, comme une colopathie fonctionnelle ou une diarrhée sanglante.

Un intestin malpropre, c’est le risque d’une immunité déficiente. Vous souffrez alors d’une vulnérabilité plus grande aux maladies infectieuses et inflammatoires touchant les sphères digestives, respiratoires, urogénitales, etc.

De plus, un côlon « malade » est aussi un facteur déclenchant de troubles émotionnels : peu de gens, et même de médecins, le savent, mais ce sont les cellules de l’intestin qui produisent 80 % de la sérotonine qui se trouve dans notre corps (la sérotonine est l’hormone de la bonne humeur).

D’une certaine façon, votre intestin est votre « deuxième cerveau ». Vous devez donc en prendre le plus grand soin.

Entretenir votre tube digestif

Normalement, vous ne devriez rien avoir à faire. Dame Nature a tout prévu : une armée de milliers de milliards de micro-organismes qui peuplent votre côlon (la dernière partie de l’intestin, juste avant le rectum) et qui, nuit et jour, le protègent, le nettoient, et empêchent les bactéries et levures nuisibles de se développer, en occupant la place.

Ces microbes sont en très grand nombre, c’est-à-dire cent fois plus nombreux que les cellules de votre corps, soit 100 000 milliards.

Cette armée immense s’appelle la « flore intestinale » ou le « microbiote ».

Le mot « flore » peut surprendre pour un endroit pareil, mais c’est une référence au grand nombre d’espèces de bactéries et de levures (au moins 200 espèces) qui cohabitent, comme dans un jardin botanique.

Il ne tient qu’à vous d’entretenir ce jardin, de le réensemencer régulièrement, d’éliminer les mauvaises herbes, de lui apporter de l’engrais… ou alors de le laisser à l’abandon. Dans ce second cas, le joli parc à l’anglaise peut vite se transformer en affreux dépotoir nauséabond, refuge d’espèces nuisibles qui déclenchent des maladies.

Comment l’équilibre de votre microflore risque de se rompre

Après la naissance, l’équilibre de la microflore intestinale est en continuelle évolution. Il s’agit d’un équilibre dynamique qui peut être rompu par différents facteurs endogènes et exogènes :

  1. Facteurs endogènes ou causes intérieures à votre corps : il se peut que vous ayez un déficit immunitaire, ou une maladie métabolique discrète, qui entraîne une modification de votre flore intestinale. En cas de blessure ou d’opération chirurgicale, d’inflammation, de constipation chronique ou de tumeurs dans l’intestin, votre microflore peut également être gravement perturbée, ce qui empirera les symptômes de votre maladie, et retardera votre convalescence.
  2. Facteurs exogènes ou les causes extérieures à votre corps : alimentation déséquilibrée, contamination par des métaux lourds, des pesticides utilisés en agriculture et des additifs alimentaires antimicrobiens, infection par des germes pathogènes, stress intense, traitement aux antibiotiques peuvent contribuer à inhiber vos bonnes bactéries, ce qui laissera la place aux germes opportunistes et pathogènes (responsables de maladies) de se multiplier.

Les conséquences sont de gravité variable : des simples troubles de la digestion jusqu’à la rupture complète des barrières de défense de l’organisme. Dans ce cas, vous risquez la prolifération de germes jusqu’à la septicémie (infection généralisée) et donc, potentiellement, la mort.

Cela montre qu’une flore intestinale équilibrée joue un rôle essentiel pour votre santé et votre résistance aux maladies. Tout doit être fait pour maintenir cette flore dans un bon état microbiologique.

La bactérie du Pérou

Parmi les bactéries de votre flore intestinale, certaines ont un effet positif pour votre santé, et pour la vie en général : c’est pourquoi les scientifiques les ont baptisées « probiotiques » (favorables à la vie). Elles stimulent le système immunitaire, réduisent les allergies, apaisent les inflammations de l’intestin. Elles améliorent le transit intestinal, réduisent les flatulences, préviennent les troubles du transit (constipation ou diarrhée). Pour mériter le nom de probiotique, il faut que cet effet soit scientifiquement démontré.

Le Lactobacillus Reuteri est un probiotique très intéressant qui reste peu connu du public. Pourtant c’est l’un des probiotiques les plus étudiés : 137 études cliniques sur 11 700 sujets [1].

Découverte au début du XXe siècle, cette bactérie a été précisément identifiée dans les années 60 par le biologiste allemand Gerhard Reuter qui lui a donné son nom : Reuteri. Mais ce n’est que dans les années 90 que la première souche de Lactobacillus Reuteri a été cultivée pour faire un probiotique.

L’histoire de cette souche initiale n’est pas anodine. Les bactéries de culture jusqu’à ce jour découlent de cette même souche première. Celle-ci a été isolée dans le lait maternel d’une Péruvienne vivant sur les hauts plateaux des Andes (altitude moyenne : 4300 mètres). Pour survivre dans ces conditions rudes, cette femme et ses ancêtres ont dû développer des défenses immunitaires à toute épreuve. Vous pouvez en bénéficier directement avec les probiotiques de Lactobacillus reuteri.

Usage classique du Lactobacillus reuteri

Le Lactobacillus reuteri produit des antibiotiques naturels puissants (comme la reutérine) qui s’attaquent aux champignons pathogènes, levures, et autres mauvaises bactéries [2]. Le plus incroyable, c’est qu’il faut une dose 5 fois plus grande de reutérine pour tuer une bonne bactérie, plutôt qu’une mauvaise [3]. C’est ainsi que le Lactobacillus reuteri vous protège des bactéries opportunistes, et plus largement contre les attaques extérieures.

Un essai clinique randomisé en double-aveugle a montré que les nourrissons ayant reçu du Lactobacillus reuteri tombaient moins souvent malades [4].

Le Lactobacillus reuteri est utilisé pour soigner les inflammations intestinales comme les diarrhées et les colites – potentiellement mortelles chez les nourrissons. Six essais cliniques en double-aveugle avec placebo ont conclu que le Lactobacillus reuteri était efficace pour traiter la colique chez l’enfant [5].

De nouvelles pistes : maladies du cœur, obésité, allergies

Une étude sur Lactobacillus reuteri chez les animaux a montré que les effets sur le système digestif se propageaient aux autres fonctions du corps. Les chercheurs ont observé une hausse du niveau des hormones testostérone et ocytocine (bonne humeur), des améliorations sur la peau, les cheveux, les os, et une perte de poidsii.

De nombreux chercheurs ont pressenti que le Lactobacillus reuteri pourrait avoir des effets plus vastes. Ils ont conduit de nombreux essais cliniques pour savoir si le Lactobacillus reuteri pouvait améliorer la santé du cœur (cholestérol, pression sanguine), le diabète, réduire le surpoids, les allergies (dont l’eczéma), etc.

À ce jour, les résultats sont là mais restent insuffisants pour conclure. Il est cependant certain que le Lactobacillus reuteri, tout comme les autres bactéries de l’espèce Lactobacillus, devrait permettre d’améliorer sa sensibilité à l’insuline, et ainsi permettre de combattre le diabète. Il a été observé chez les rats que le L. reuteri permettait de freiner le stockage de la graisse dans le foie et les tissus adipeux [6].

En tout cas, le Lactobacillus reuteri est un probiotique à surveiller. Je vous ferai part de l’avancée de la connaissance dès la publication de nouvelles études concluantes.

Ce qui est clair, c’est que le Lactobacillus reuteri combat les problèmes intestinaux, et offre une vaste protection contre les maladies.

Êtes-vous privé de Lactobacillus reuteri ?

La triste réalité, c’est que bon nombre d’individus sont privés de Lactobacillus reuteri. D’autres en ont trop peu pour ressentir ses bienfaits. C’est pourquoi il peut être intéressant de faire une cure de Lactobacillus reuteri pour l’implanter dans votre intestin, ou renforcer la colonie si, par chance, elle existe déjà.

Si vous allaitez, votre cure de L reuteri passera dans votre lait pour le bénéfice de votre enfant. Le Lactobacillus reuteri ne représente pas de danger, y compris pour les bébés durant la grossesse et les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies (ex : VIH) [7], bien au contraire.

Chaque gélule de Lactobacillus reuteri vous fournit quelques milliards (!) de micro-organismes bénéfiques prêts à coloniser votre corps. Vous pouvez même prendre votre cure de Lactobacillus reuteri pendant le repas. En effet, les colonies de L. reuteri sont résistantes au passage par le système digestif, contrairement à d’autres. Attention cependant à ne pas les ingérer avec une boisson chaude car elles craignent la chaleur extrême.

J’ai recensé deux bons produits Lactobacillus reuteri :

En pharmacie, le laboratoire suédois BioGaia propose L. reuteri Protectis. Vous en trouvez à croquer au goût citron ou fraise (sans sucre), ou alors en gouttes huileuses.

Les laboratoires Super Smart proposent Lactobacillus Reuteri avec 2,5 milliards de micro-organismes par gélule et une technologie de libération retardée. Après ouverture, conservez-les impérativement au réfrigérateur.

Source : www.santenatureinnovation.com (Juin 2015)

Références :

[1] Biogaia, Lactobacillus reuteri

[2] Talarico TL, Dobrogosz WJ (May 1989). “Chemical characterization of an antimicrobial substance produced by Lactobacillus reuteri. Antimicrob. Agents Chemother. 33 (5): 674–9.

[3] Casas, Ivan A., Dobrogosz, Walter J. (December 1, 2000). “Validation of the Probiotic Concept: Lactobacillus reuteri Confers Broad-spectrum Protection against Disease in Humans and Animals”. Microbial Ecology in Health and Disease 12 (4).

[4] Weizman Z, Asli G, Alsheikh A (January 2005). “Effect of a probiotic infant formula on infections in child care centers: comparison of two probiotic agents”. Pediatrics 115 (1): 5–9.

[5] Site examine.com consulté le 19 mai 2015, Lactobacillus reuteri

[6] Hsieh FC1, et al Oral administration of Lactobacillus reuteri GMNL-263 improves insulin resistance and ameliorates hepatic steatosis in high fructose-fed rats . Nutr Metab (Lond). (2013)

[7] Biogaia, Lactobacillus reuteri