Des médicaments dans l’eau du robinet.

Un colloque s’est récemment tenu à Paris et les conclusions sont formelles : des médicaments sont bien présents dans l’eau du robinet, à l’état de traces, et on ne sait strictement rien de leurs effets. Plus besoin de se déplacer à la pharmacie du coin… ce sont les médicaments qui viennent à nous. On n’arrête pas le progrès !

Une étude de septembre 2008 a déjà montré que des résidus d’antibiotiques, antidépresseurs, anticancéreux, et de nombreux autres médicaments sont retrouvés dans les cours d’eau. Hélène Buzinski, chercheuse au CNRS et à l’université de Bordeaux, une des premières à s’être intéressée au problème en 2002, avouait même avoir trouvé des traces “d’héroïne et de cocaïne“. Les stations d’épuration ne sont en effet pas conçues pour éliminer ce genre de toxines. Ce n’est donc pas une surprise qu’on les retrouve dans l’eau de consommation, mais ce n’était pas encore acté par la communauté scientifique.

La réponse est dans la question

Le 1er octobre 2008, à Paris, s’est tenu un colloque intitulé “Résidus de médicaments dans l’eau : des molécules à surveiller ? des risques à évaluer ?”. A la demande de la Direction générale de la santé (DGS), de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et de l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) notamment, ce colloque a permis de faire le point sur le sujet. Et… la réponse est dans la question ! Décryptage du rapport publié à l’issue de ce colloque

Aucune réglementation, ni européenne ni française, ne prévoit de surveiller les taux des substances pharmaceutiques dans l’eau du robinet, pas plus que dans l’eau des rivières. Seule la directive européenne 2001/83/EC règlemente l’évaluation des risques environnementaux lors de l’étude des dossiers d’autorisation de mise sur le marché des médicaments. Pas vraiment efficace.

Des médicaments à l’état de traces

Deux études ont montré la présence de médicaments dans les eaux rejetées par les stations d’épuration, à des niveaux pouvant dépasser les valeurs guides européennes bien que très faibles. Mais une troisième pose le problème de la présence des substances toxiques dans l’eau du robinet. À la demande de la DGS, une série de campagnes de mesures dans les eaux potables a été réalisée entre 2006 et 2007. 76 substances ont été recherchées sur 141 sites. Les résultats confirment ceux observés à l’étranger : “une vingtaine de substances a été retrouvée dans les eaux potables au moins une fois à des concentrations variant de quelques nanogrammes à quelques centaines de nanogrammes par litre“.

Les conclusions insistent sur le fait que les méthodes de détection de ces molécules ne sont pas stabilisées et varient d’un laboratoire à l’autre. De plus, les mesures de résidus, si elles sont intéressantes, ne prouvent rien quant à la nocivité des produits. Il conviendrait donc, selon les conclusions du colloque, d’améliorer notre connaissance des effets de ces molécules, à faibles doses, sur la santé humaine et sur l’environnement. Un certain nombre de projets (Médiflux notamment) sont déjà lancés, qui permettront peut-être d’en savoir plus à l’avenir.

Archimède ?

Mais finalement, comme le précise Jean Duchemin, de l’Agence de l’eau Seine Normandie, il ne faudrait pas oublier que nous savons aujourd’hui de façon certaine que des produits largement diffusés dans le milieu naturel sont néfastes pour la santé. Phtalates, bisphénol A, L.A.S., alkylphénols, PCB, désinfectants et conservateurs, nanoparticules, pesticides… “Décidément, dans l’iceberg des risques chimiques, la partie immergée, hors des sunlights médiatiques, est bien plus conséquente que l’autre, respectant en cela le bon vieux principe d’Archimède“, conclut-il.

Faudra-t-il à l’avenir demander le remboursement des factures d’eau à la Sécurité Sociale ?

Source : www.lesmotsontunsens.com (Novembre 2008)


L’eau potable est bourrée de médicaments

S’il est un domaine où la France à tendance à faire la course dans le peloton de tête, c’est bien la consommation de médicaments. Ainsi, en 2012, quelque 175.500 tonnes de médicaments ont été vendues en France, dont environ 5.500 tonnes dédiées aux animaux d’élevages. Ce tonnage de chimie pharmaceutique qui fait de la France la première consommatrice de médicaments en Europe, est également à l’origine d’une contamination de la ressource en eau potable.

Plus de la moitié des 48 boîtes de médicaments que chaque Français ingurgite en moyenne chaque année, n’est pas retenue par nos organismes et se retrouve finalement dans les eaux de surface via des stations d’épuration non conçues pour les traiter. Dans ces conditions, rien d’étonnant que les rares études existantes relèvent trois grandes familles de molécules dans les eaux de surface :

  • des œstroprogestatifs (pilules contraceptives),
  • des tranquillisants (les Français sont les premiers consommateurs d’antidépresseurs au monde),
  • des anticancéreux.

Or, bien que connue et de plus en plus souvent dénoncée, cette contamination n’est quasiment pas étudiée, et encore moins combattue. Il y a pourtant urgence. Ces médicaments sont actifs à très faible dose et certains peuvent s’accumuler dans l’environnement (la biodégradabilité médicamenteuse oscille entre 10 et 90%).

Mais, outre leur potentielle nocivité, le cocktail de leur dissémination dans le milieu naturel inquiète. Plusieurs études soulignent d’ores et déjà, la féminisation d’espèces animales.

Trois grands risques identifiés

L’année dernière, un rapport dédié de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a estimé le risque négligeable, tout en reconnaissant un manque de données sur l’exposition et l’évaluation de la toxicité ad hoc (seules deux molécules d’origine médicamenteuse ont été analysées, alors que l’on en trouve plus de 160 dans l’eau).

Néanmoins, dans les pays occidentaux, on relève habituellement trois grands risques :

  • féminisation des caractères sexuels,
  • résistance aux antibiotiques,
  • dérèglement du système endocrinien.

Face à cette situation, plusieurs causes expliquent l’absence de réaction étatique et de non prise en compte dans les critères de potabilité de l’eau. Aujourd’hui, les critères sont obsolètes et il en va de même des méthodes d’analyses et de l’interprétation qui en est éventuellement faite.

Si le risque est considéré comme négligeable – car lorsqu’on ne cherche pas on ne peut pas trouver – la non prise en compte de la toxicité à de très faibles doses, le caractère redondant de l’exposition et l’effet cocktail des multiples substances présentes font qu’il est impossible de définir des critères de potabilité exhaustifs, et encore moins de les évaluer. Il en va d’ailleurs de même pour les pesticides.

De l’eau marron ? Rien d’anormal monsieur !

A titre d’anecdote, dans un village de l’Essonne où j’ai vécu pendant 23 ans, un beau matin l’eau du robinet était devenue marron. J’ai téléphoné à la mairie – ainsi que beaucoup d’autres – pour demander ce qui se passait ; la secrétaire m’assura qu’ils avaient en main la dernière analyse du jour par le service des eaux et que tout était normal. Je me suis insurgé en rappelant que l’eau est par définition incolore inodore et sans saveur. Prévenu, le maire adjoint se rendit immédiatement au laboratoire d’analyses, et il apprit ainsi que le protocole de l’analyse ne portait que sur un ensemble de toxiques statistiquement possibles… Bien entendu, faire le tour du tableau de Mendeleïev chaque jour serait aussi compliqué que coûteux.

Or, une enquête poussée sur les industries du coin permit de découvrir rapidement qu’un atelier de galvanoplastie avait, la veille, purgé (en douce) une cuve d’un sel de chrome dans la rivière attenante ; cette rivière desservait entre autres le bassin de traitement qui alimentait le village. L’analyse du chrome n’était pas prévue, puisque cette pollution n’était jamais survenue auparavant.

Quelles solutions ?

Acheter de l’eau en bouteille n’est pas une bonne solution : c’est coûteux, pénible à transporter, et peu sûr en sécurité sanitaire, en particulier dans les bouteilles plastique qui risquent de contenir des molécules en suspension de plastique et de dioxine, si elles ont été exposées au soleil ou chauffées durant leur transport.

La seule solution vraiment sûre passe par l’achat d’un appareil à osmose inverse pour la cuisine. L’eau qui en sort est complètement déprogrammée, ce qui est une bonne chose, puisque débarrassée de toutes mémoires toxiques, mais elle est trop pure, donc trop déminéralisée. Il suffit d’y introduire un quartz, ou une cuillère à café d’argile à boire, ou encore de la stocker dans un pot en biocéramique.

NOTA : De plus, le traitement de l’eau à l’osmose inverse (inventé pour recycler indéfiniment l’eau… même l’urine à bord des capsules spatiales) vous prémunit d’additifs toxiques au long court prévus par des règlementations stupides, voire malveillantes, tels de l’aluminium pour éclaircir l’eau, ou éventuellement du fluor, pour soit disant protéger les dents.

Source : www.alternativesante.fr (Septembre 2014)