Bubble Tea : la boisson made in Taïwan qui fait de plus en plus d’émules en France

Encore inconnue il y a trois ans, le Bubble Tea, cette étrange boisson à base de thé et de tapioca, fait de plus en plus d’adeptes en France.

Plusieurs bars des grandes villes françaises se sont lancés dans la commercialisation de bubble tea.

Atlantico : Plusieurs bars des grandes villes françaises se sont lancés dans la commercialisation de bubble tea. Une boisson aromatisée à base de tapioca, de thé. D’où nous vient ce bubble tea ? Comment décririez-vous le goût de cette boisson ?

Rosalie Ung Bun : Le Bubble tea est une boisson originaire de Taïwan qui est apparue dans les années 1970-1980 et qui a pour effet d’hydrater et de nourrir. Il s’agit à la base d’un thé, soit du thé vert, soit du thé noir, mélangé avec du lait et que l’on peut aromatiser à sa guise, et dont l’objectif est avant tout d’hydrater.

Le plus de ce thé est le tapioca, c’est-à-dire un féculent issu de la farine de manioc. Au bout de trente minutes de cuisson, le tapioca aura la texture gélifiée d’un bonbon Haribo. Cet ajout permet ainsi de boire pour s’hydrater, tout en calant éventuellement une petite faim.

A-t-il fait des émules dans d’autres pays ?

Comme je vous l’ai dit, le Bubble Tea est originaire de Taïwan et a été développé dans les années 1970-1980. Or, à cette époque, Taiwan était devenu un acteur incontournable de l’économie mondiale. Dès les années 1990, tous les pays du Commonwealth ou presque ont commercialisé cette boisson. Le marché est donc bien mature dans ces pays-là. Concernant l’Europe, le Bubble Tea est en train de s’installer depuis environ cinq ans, notamment en Allemagne. En France, on en est aux prémices.

Quels sont les éléments de cette boisson qui la rendent si attractive ?

L’atout principal de cette boisson est qu’elle répond à un besoin nutritionnel. Aujourd’hui, dans le marché des boissons, on a soit les boissons traditionnelles, à savoir le thé, le café, etc., soit les softs, tels que les smoothies et les jus qui remplissent un rôle un peu plus gustatif. Le problème de ces boissons est qu’elles apportent essentiellement des sucres rapides. Ce type de sucre ne nourrit qu’à court terme et est vite remplacé par une sensation de faim qui va inciter à grignoter.

Le Bubble Tea va justement permettre de pallier ce besoin dans la mesure où le féculent va stopper la faim pour de plus longues heures que les sucres rapides. Cependant, c’est pourquoi il est préférable de ne pas le charger en sucre afin de conserver l’intérêt des sucres lents.  De plus, le tapioca est sans gluten, or de plus en plus de personnes sont intolérantes au gluten.

De plus, le Bubble Tea est une expérience : on doit boire son thé, tout en attrapant avec sa paille le tapioca, puis en le mâchant. Il y a donc un assemblage à maitriser afin d’avoir une bonne expérience gustative.

A qui est-elle destinée ?

A partir du moment où l’on a des contraintes de temps, on est concerné. Aujourd’hui, autant vous dire que cette boisson concerne tout le monde, en France comme dans la plupart des pays du monde. Que l’on soit jeune actif, PDG ou étudiant, le produit rencontre le même succès. De plus, le goût est vraiment particulier et s’inscrit dans l’histoire du thé et correspond également à tous les amateurs de thé.

Pourquoi n’est-elle arrivée en France que très récemment ?  Le goût de cette boisson est-il trop étonnant pour un palais français ?

Le Bubble Tea est un peu la boisson internationale par excellence étant donné qu’elle s’inscrit dans une culture de street food. Il y a dix ans en France, on était encore attaché aux quatre repas par jour. Aujourd’hui ce n’est clairement plus le cas. Que l’on soit mère au foyer, étudiant ou actif, le temps consacré au repas s’est largement diminué.

Concernant le goût, c’est assez étonnant car on a trois réactions totalement différentes. Il y a ceux qui bien évidemment n’aiment pas, souvent à cause du côté bonbon gélifié ; ceux qui adorent, justement grâce à la texture qui rappelle celle du bonbon mais sans les méfaits ; et ceux qui sont indécis et qui ont généralement besoin d’une deuxième expérience pour apprécier le produit.

Source : Atlantico (Juillet 2014)