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Première mondiale : des spermatozoïdes humains créés in vitro

Depuis plus de 15 ans, des chercheurs s’obstinent à fabriquer des spermatozoïdes fonctionnels en culture. C’est désormais chose faite, grâce à une société lyonnaise qui a réalisé la toute première spermatogénèse humaine à partir de testicules d’hommes stériles.

Il s’agit d’un espoir considérable pour traiter l’infertilité masculine. Une équipe lyonnaise a réussi à recréer de toutes pièces des spermatozoïdes, in vitro. Et ce uniquement à partir d’une biopsie testiculaire d’hommes ne créant naturellement pas de spermatozoïdes… La société de biotechnologie Kallistem, à l’origine de cette spermatogénèse, la présente comme “une première mondiale” dans un communiqué daté du 5 mai.

Le protocole peut paraître simple : des extraits de pulpe testiculaire sont prélevés, contenant des cellules souches immatures, en quelque sorte des “embryons” de spermatozoïdes, puis mis en culture dans une boîte de pétri. Pendant 72 jours, ces cellules maturent, pour finalement se différencier en spermatozoïdes complets et totalement fonctionnels. Ils seront ensuite “cryoconservés jusqu’au désir de paternité et alors utilisés en fécondation in vitro avec micro-infection”, précise la société.

Un milieu de culture qui mime les testicules

La prouesse technique réside particulièrement dans le milieu de culture et de maturation de ces cellules in vitro. En trois dimensions, la boîte de pétri mime parfaitement les conditions physiologiques de l’organisme, en recréant par exemple, la barrière sanguine des testicules. Elle est également compartimentée, pour reconstruire la disposition cellulaire d’un vrai testicule. Car la formation du spermatozoïde se fait par étape, de la partie externe du testicule vers son cœur, au niveau des tubes séminifères.

Le milieu de culture contient également des cellules de Sertoli, les “nourrices” du spermatozoïde pendant son développement. Une fois les spermatozoïdes fabriqués, ils sont injectés in vitro dans un ovule, comme lors d’une FIV classique.

spermatogenese_kallistem

Une avancée pour les enfants traités par chimiothérapie

Ce qui permet notamment la réalisation de cette spermatogénèse in vitro est que la production de gamètes mâles (spermatozoïdes) est indépendante de l’activité des cellules souche germinales. Mais cette technique ne pourra par contre pas s’appliquer à tous les hommes stériles, uniquement à ceux qui ne fabriquent pas de spermatozoïdes et qui possèdent quand même des cellules souches germinales fonctionnelles. En France, ce dysfonctionnement appelé “azoospermie non obstructive”, concerne près de 5.000 hommes…

L’avancée est également extraordinaire pour tous les enfants dont la fertilité est menacée par des traitements toxiques : chimiothérapie, radiothérapie…  Chaque année, plus de 800 enfants traités pour un cancer risquent de devenir stériles. D’autre part, Kallistem précise que les enfants atteints de drépanocytose sévère ainsi que ceux opérés pour une cryptorchidie bilatérale (lorsque les deux testicules ne sont pas descendus dans le scrotum) pourront également bénéficier de cette spermatogénèse.

Pour l’instant, la technique n’en est encore qu’au stade expérimental, mais les chercheurs assurent que des essais précliniques démarreront dès l’année prochaine.

En 50 ans, le nombre de spermatozoïdes par éjaculat a été divisé par deux. Et peu de solutions existent pour les hommes ne pouvant pas faire d’enfants. Dans un tiers des cas, l’infertilité est due à un dysfonctionnement chez le père.

Source : Allodocteurs.fr (Mai 2015)

NDLR : Toutefois, ne pas confondre in vitro et in vivo…

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