Le culte du corps

  • Lorsque l’on parle des êtres humains, le corps et l’esprit sont indissociables. Nous assistons pourtant dans de nombreuses sociétés à une une valorisation extrême du corps,  au développement du CULTE DU CORPS. Cette « religion » du paraître n’a pas pris les mêmes formes à travers les différentes époques.

    Le propre de l’être humain est de transformer les choses naturelles en fonctions culturelles, par exemple : du besoin de se nourrir pour vivre, l’homme a inventé la cuisine, du besoin naturel de la reproduction de l’espèce, l’homme a créé l’amour, du besoin de se vêtir l’homme a transformé le vêtement en mode. Alors, les êtres humains en imposant des normes, des standards de beauté, des modèles ont-ils de la même façon transformé leur corps “naturel” en culte du corps. De quelles façons et par quels moyens ? Ce sont ces questions que nous décidé d’explorer dans ce dossier de TPE, à travers les modèles historiques, les questions psychologiques, sociales et financières liées à cette thématique.

    Les standards corporels et le culte du corps à travers les différentes époques

    A l’époque des Pharaons, la beauté du corps était source de vérité et d’équilibre. Les peintures qui ornent les tombeaux des pharaons en témoignent.

    Introduction

    Les Grecs et les Romains idéalisaient le corps et ont influencé des générations entières avec leurs statues comme modèle de la beauté absolue. C’est une époque où le corps tient une importance fondamentale, les jeux du stade y sont pour beaucoup. Le corps est symbole de force et forge l’image des sportifs tels des demi-dieux.

    Introduction           Introduction

    Au Moyen Age, l’archétype de la beauté était la femme blonde élancée. Lénonard de Vinci est un des premiers à poser les cadres d’un canon de la beauté avec son célèbre dessin d’un homme nu, aux formes et aux proportions parfaites. Le célèbre tableau de Botticelli «  la naissance de la vénus » fixe les canons de beauté de la renaissance. La mode est au teint clair qui symbolise la richesse. Les corps sont plus charnus, signe de bonne santé.

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    A la cour du roi Soleil, l’artifice règne en maître, le maquillage apparaît et supplante le naturel ce qui permet d’exagérer les traits du visage. C’est le culte de soi et sa mise en valeur qui s’impose à la hauteur de son rang. Le rouge sert à masquer la vieillesse et à réveiller la sensualité.
    En France, dans l’ancien régime, les femmes de l’aristocratie se devaient d’avoir la peau pâle, cela voulait dire qu’elles ne travaillaient pas dans les champs ; Aujourd’hui, au contraire, les femmes, pour afficher leur niveau social, affichent un bronzage permanent.
    La recherche de la pureté, la création d’un corps parfait, l’exaltation de la puissance à travers la puissance du corps  et la naissance d’une race “pure” ont été au centre des théories eugénistes et racistes du régime hitlérien.

    Introduction

     

    Dans une époque pas très lointaine, en Europe, la femme épanouie était « bien en chair », aujourd’hui au contraire la femme idéale est la « femme au corps d’allumette ».

    Introduction            Introduction

     

    De nos jours, les standards de la beauté sont souvent transmis par les idoles de la musique et par le monde du cinéma et surtout par une starisation extrême : Rita Hayworth, Marilyn Monroe, Ursula Andress, et Brigitte Bardot en ont été les pionnières et les icônes.

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    Tous ces exemples montrent à quel point le rapport aux canons de beauté du corps a évolué à travers les époques. De la même façon, l’homme a transformé son corps naturel, en objet culturel.

    Aujourd’hui le corps est devenu le centre de préoccupations esthétiques importantes.

  • Le parcours psychologique du corps

     

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    D’abord matière pure, le corps est le siège de nos émotions, de notre esprit. Les stimulus venant de l’extérieur vont être perçus par le corps et engendrer des réactions perceptibles. Les changements corporels suivent ces perceptions. Ce corps naturel se construit au contact de l’extérieur et peu à peu prend conscience de son existence puis de sa propre identité. C’est ce que les psychologues appellent « la Représentation conceptuelle chez l’enfant et conscience de soi ». Henri Wallon, créateur de ce terme, a été le premier psychologue à relever l’importance du miroir dans la construction psychologique de l’enfant, (Les origines du caractère chez l’enfant). Pour Henri Wallon l’enfant se sert de l’image extériorisée du miroir, afin d’unifier son corps. Ce processus se déroule lors du stade émotionnel de Wallon (6 à 12 mois).
    Chez les adolescents, les problèmes ne sont pas les mêmes et le rapport à leurs corps et aux modèles qu’on leur transmet sont différents. Le corps de l’adolescent se modifie. Il est en période de transition. Il aspire à être considéré comme un adulte, il est donc une cible privilégiée pour tout ce qui touche les produits autour de son corps. C’est aussi une époque ou les désirs importants se greffent, ou il y a une attirance pour les comportements à risque. Les adolescents achètent ce qui permet de leur renvoyer une image valorisante. Les produits qu’ils achètent sont des signes sociaux qui positionnent leur individualité. Leur personnalité est très centrée sur le paraître.
    Selon ces échanges avec l’environnement physique, familial et social, la confiance en soi peut se développer ou, au contraire, être contrariée. Cette partie de nous-même que nous n’aimons pas ou que nous essayons d’occulter, peut générer des complexes. Ne pas accepter son corps est une frustration qui peut nuire à notre vie sociale et personnelle.
    A long terme, ces complexes peuvent être la conséquence de maladies mentales graves comme l’anorexie ou la boulimie. Un complexe peut nourrir des stéréotypes que l’on se fait : exemple vouloir ressembler à un idéal, aux filles des magazines…Une mauvaise image de soi, voire un complexe de son propre corps peut aboutir au CULTE DU CORPS.
    LE CULTE DU CORPS DEVIENT COMME UNE COMPENSATION DE QUELQUE CHOSE QUI NOUS MANQUE.

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    Les marqueurs identitaires

     

    a) Le vêtement
    Si l’être humain est né nu, il a très vite éprouvé le besoin de protéger son corps naturel contre les éléments extérieurs. Se protéger contre le froid.

     

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    En plus de sa fonction de protection, le vêtement s’est déplacé vers une dimension d’ornementation qui est sans doute le premier élément que l’on pourrait associer à ce qui va devenir le culte du corps. Les vêtements révèlent à la fois  l’histoire de l’homme et la société dans laquelle il évolue.Ils expriment la classe et l’origine sociale  dont on fait partie et parfois même les communautés auxquelles ont est intégré.
    Plus la société est devenue complexe dans son organisation, plus le vêtement est devenu un marqueur social, identitaire, qu’un outil de protection du corps. Peu à peu, Il n’est pas seulement une seconde peau, mais le prolongement de notre personnalité. Le vêtement réflète notre image et chaque être humain témoigne à travers son mode vestimentaire de sa culture et du mode de vie dans lequel il évolue.
    Le vêtement est le début de l’expression d’une communication non verbale pouvant refléter, notre statut social, nos goûts, notre état ou le soin que l’on porte à notre image. Il incarne notre personnalité et notre appartenance, en faisant fusionner notre image et notre corps. De plus, c’est une image valorisée (ou pas) de soi. On peut la maîtriser, contrairement à la beauté ou à certains caractères qui sont plus difficilement modifiables.

     

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    Les vêtements qui recouvrent le corps correspondent à des époques et à des normes. Ce sont les normes du corps, les standards corporels.

     

    Le tatouage

    Signe magique ou marque d’appartenance à un groupe ou simplement désir de beauté, le tatouage est peut-être une des premières modifications corporelles disponibles pour remodeler, modifier ou valoriser son corps. Bien que le succès que connaît cette pratique dans les sociétés occidentales est très récent, il est pratiqué depuis très longtemps dans des sociétés très anciennes. On peut même situer le premier tatouage au niveau de la préhistoire.
    Le tatouage est d’abord un facteur d’intégration, en effet il peut marquer l’appartenance à un groupe ou au contraire le désir de marquer une distinction, une différence. En utilisant son corps comme support, le tatouage est une façon de se mettre en scène, de devenir créateur avec son propre corps. Il permet aussi de compléter un corps qui pourrait paraître « insuffisant », voire « incomplet ».

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    Tatouages, piercings, scarifications, la société actuelle (souvent jeune) est fascinée par tous ces marquages corporels. Ils incarnent l’appartenance à un groupe, mais aussi le besoin de se distinguer et si les tatouages sont le plus souvent si spectaculaires, c’est que leur fonction est d’attirer le regard des autres.

  • Le corps est le premier outil de travail à la disposition de l’homme, à partir du moment où tout travail impose une mobilisation physique de celui qui l’exerce. Il peut engendrer des contraintes, des souffrances, ou des tensions corporelles. Dans certains métiers, notamment artistiques, le rapport au corps est beaucoup plus présent que dans d’autres.
 En effet, dans de nombreux domaines de la production artistique, le corps est un élément qui joue un rôle fondamental, qu’il serve de modèle ou d’outil.
    De la statuaire antique à la photographie d’aujourd’hui, les artistes depuis l’antiquité ont investi le corps, comme motif de leurs recherches et de leurs travaux. De ce point de vue, on pourrait dire que le corps en tant que “matière première” de la création artistique a fait depuis toujours l’objet inconscient d’un culte.
    A travers le corps humain, l’artiste parle de l’humaine condition, se sert du corps comme motif pour des recherches de formes, il nous dit des choses sur notre monde, notre époque.  Quelques artistes, à travers leur travail artistique nous enseignent que le corps peut aussi être support de réflexion et d’émotions.

     

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    Le Body Art est une des pratiques artistiques assez récente, qui fait du corps le support de la création. Il s’agit de transformer son corps grâce à des modifications corporelles (comme les piercings, les tatouages, les scarifications etc..) pour en faire la finalité de l’oeuvre.

     

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    Dans le domaine artistique, nous retrouvons aussi des métiers comme la danse, où le corps est aussi le support de l’expression artistique. La notion du culte du corps y est très importante, les danseuses spécialement subissent des pressions par rapport à leur poids, c’est pour cela que l’on y retrouve de nombreux cas d’anorexie.

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    Dans le mannequinat, cette pression est comme nous pouvons l’imaginer encore plus importante.
    Chez les comédiens, le corps est aussi le principal outil de travail. Il s’agit de maîtriser son corps au service de la transmission du personnage que l’on interprète. Les acteurs peuvent modifier leurs corps pour le rendre plus crédible par rapport aux personnages. C’est le cas par exemple de Robert de Niro qui a pris 30 kilos pour incarner le rôle du boxeur « Jake la Motta » dans le film Raging Bull, réalisé par Martin Scorsese (1980) ou encore de Charlize Théron dans le film Monster.

     

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    L’utilisation du corps vers une expression artistique pourrait être une chose positive. On peut toutefois noter que peu à peu cette utilisation a été déviée par une utilisation forcenée de la publicité, des médias et des images qu’elles véhiculent.

    Notre société devient une société d’images centrée à 80 % sur l’image du corps et les produits qui lui sont liés.
    Corps des femmes, corps des hommes et même corps des enfants. Dans son livre  « Quand la beauté fait mal » (édition First -1991) Naomi Wolf , auteur américaine exprime l’idée que « c’est à cause de la diversité et du nombre élevé des sources de propagation de la perfection, qu’il est si dur de lutter contre et d’accepter ainsi sa propre image. Ces images qui nourrissent le culte du corps sont véritablement omniprésentes » et leurs impacts est différent selon les âges.
    En général ces images sont véhiculées par la publicité, les magazines, les séries télévisées, ou encore les vidéo clips.

    La publicité est le premier outil au service du culte du corps.
    Le produit doit susciter l’envie, le désir, l’attirance : l’objectif est d’influencer le consommateur sur sa conduite d’achat.

     

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    Les séries télévisées sont loin d’être le reflet de la réalité, et on attribue presque toujours, toutes les qualités au “gentil” qui a en général un visage avenant tandis que les défauts physiques sont attribués au “méchant”.
    Les médias magazine font aussi partie du packaging qui transmet les schémas corporels. Ce qu’on pourrait appeler « L’influence des médias » tout en précisant que les médias ne sont pas une sphère à part, qu’ils sont faits par des gens qui eux-mêmes ont été baignés par une certaine culture de l’image et qu’ils sont manipulateurs, mais aussi porteurs de schémas. Les magazines donnent une image parfaite de l’individu nous laissant croire ainsi, que nous sommes capables d’atteindre cette perfection. Les mannequins apparaissent comme une réponse à notre quête d’idéal.
    Enfin, dans les vidéo clips dont la cible est principalement l’adolescence, il y a aussi une utilisation très forte du sexe et de la sexualité. Madonna en était le symbole, le produit « Lady Gaga » poursuit le même chemin. Tout est dans l’apparence.

     

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    A travers cette multitude de mur d’images qui emplissent tous les supports de notre vie quotidienne, se dessinent des normes, des standards corporels. Le culte du corps est bien le produit d’un modèle de société et il se transmet de multiples façons et souvent très tôt. Ce phénomène se voit dans de nombreux domaines : la bande dessinée, les images des jeux vidéo ou encore jouets qui façonnent dès la prime enfance les modèles psychologiques des enfants. Les poupées “Barbie” en sont un exemple. Il se vend deux poupées par secondes dans le monde et la plus célèbre d’entre toutes est  BARBIE.
    Cette poupée représente toujours l’idée du corps parfait de la plastique de rêve : taille de guêpe, une longueur de jambe hors proportion humaine. De plus elle incarne un personnage sexy avec une expression identique sur le visage : elle est le symbole de l’uniformité et la minceur Alain Sousa dans une livre intitulé « c’est de la faute à Barbie ! » par le biais d’interview auprès des sociologues, a étudié l’impact de la poupée, sur les petites filles. Parmi les théories avancées par des scientifiques, Ils pensent que la poupée Barbie inciterait les jeunes filles à la maigreur dès l’âge de 16 ans.

     

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    Les personnes qui prennent de l’âge ont par contre un autre regard sur leur corps. Le corps est témoin de l’avancée de l’âge et dans cette conscience de cette réalité, il y a deux schémas possibles. Le système Marlene Dietrich ou celui Simone Signoret. Marlène Dietrich grande star internationale du cinéma, parce qu’elle refusait d’assumer l’image de sa vieillesse s’est enfermé et a refusé les interviews et les photographes jusqu’à sa mort. Simone Signoret par contre qui était du temps de sa jeunesse une très belle actrice de cinéma (film Casque d’or) a assumé ses rides comme on peut la voir dans le film La Vie devant soi, en 1975 inspiré du livre de l’auteur Romain Gary (Emile Ajar) .

     

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  • La question importante n’est pas que la société impose des modèles. Cela est presque une obligation mais plutôt : quels sont les effets que ces modèles imposés peuvent avoir comme conséquences sur les êtres au sein qui sont dans cette société. La place de chacun est-elle respectée ? La différence des uns et des autres est-elle tolérée ?
    Discrimination sociale 
    De nos jours, la beauté est un critère social au même titre que “les qualités de l’âme.” Cela entraîne de nombreuses discriminations, notamment à l’école où les enfants jugés “laids” seront plus facilement exclus et on ignorera même la vraie valeur de leur caractère. Mais ces discriminations peuvent aussi être associées à un stéréotype établi par des chercheurs en psychologie sociale “ce qui est beau devient ce qui bien”. Ce stéréotype consiste à associer aux personnes au physique attirant des qualités amélioratrices et aux personnes jugées disgracieuses des qualités péjorative. Les individus n’ayant pas les critères de beauté en vigueur auraient donc tendance à être discriminées. La beauté a une incidence sur les relations que nous nouons quotidiennement avec autrui, en provoquant une attitude soit d’évitement, soit de rapprochement. C’est ce phénomène qui pousse les gens à vouloir devenir quelqu’un d’autre et de ce fait à modifier leur image.
    Les répercussions dans la société                 Les répercussions dans la société
     

    Répercussions dans le monde du travail 
    On a tendance à attribuer des qualités de personnes intelligentes à des personnes qui ont une apparence favorable. Mais cette discrimination par l’apparence est aussi connue dans le monde du travail : l’apparence est une qualité ou un défaut pouvant faciliter ou au contraire pénaliser une personne qui cherche un travail. Mais pas seulement lors de l’embauche, en effet, même après elle peut se trouver en difficulté face à un auditoire qu’elle n’arrive pas à convaincre. Une personne qualifiée de “belle” aura davantage de faciliter à convaincre ou même à s’exprimer devant son public.

     

    Les répercussions dans la société

     

    Suite à un sondage effectué en 2003, plus de 60% des français pensent que l’apparence peut faire la différence lors d’une embauche. Certains employeurs sont parfois récalcitrants du fait de leur éducation ou de l’image qu’ils souhaitent donner de leur entreprise, ce qui engendre des situations bien délicates et de fortes inégalités même salariales.La beauté est une sorte de “diplôme”, de “passeport” ou de capital humain que le marché du travail reconnait financièrement.
    Les discriminations liées à l’apparence arrivent en seconde position derrière l’origine ethnique d’après un baromètre sur la perception des discrimination au travail réalisé par la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les Discrimination et pour l’Egalité) avec 33% dans le privé et 36% dans la fonction publique.

    Les conséquences psychologiques sur les êtres humains

    Le mythe de la beauté a réussi, en 20 ans, non seulement à remettre les femmes sous contrôle mais aussi à faire des ravages considérables. Haine de soi, troubles sexuels, insomnies, dépressions nerveuses dues à des régimes d’amaigrissement, anorexie ou boulimie, sont quelques-uns des fléaux qui frappent aujourd’hui la population féminine.
    Naomi Wolf écrit : « A l’aide d’un bombardement d’images, la femme s’est vue progressivement imposer un modèle physique asexué désincarné et par définition inaccessible. La pression exercée par le corps social en faveur de la minceur confine dans les pays occidentaux à la tyrannie. Cette obligation faite à la femme de se conformer à un certain modèle corporel, obligation relayée par les médias, est responsable du développement de la boulimie, voire de l’obésité.

    Anorexie
    L’anorexie est un trouble associé à l’image de soi. Elle s’est développée ces dernières années dans les pays occidentaux où le culte du corps est apparu  : un corps idéal, mince, contrôlé, bien loin du corps réel. et touche plus particulièrement les adolescentes.

     

    Les répercussions dans la société                             Les répercussions dans la société

     

    Témoignage d’une jeune femme sur le net.
    “Depuis que je suis petite, on me répète que je suis ronde, que je mange bien, pourtant j’étais loin d’être obèse. A l’adolescence je pesais 57 kg pour 1m60, j’étais relativement bien et pour plaire à un homme (qui est mon mari à présent) qui aimait les filles fines, qui me faisait des réflexions, j’ai fait un régime et je suis devenue anorexique jusqu’à peser 39 kgs. Depuis 3 ans, je suis tombée dans la boulimie, j’ai repris du poids (46 kg) mais mon poids est ma préoccupation principale, je n’arrive plus à revenir en arrière et d’ailleurs à l’heure qu’il est je termine ma crise de boulimie pour aller vomir cette sale nourriture qui risque de m’engraisser. Ensuite, je fais jusqu’à 2h de sport pour espérer maigrir un peu. Pourquoi on n’accepte pas les gens comme ils sont et qui a décrété qu’être belle c’est mesurer 1m 80 et peser 50 kg! ”
    Boulimie
    La boulimie se manifeste par des périodes d’orgies alimentaires lorsque la personne se sent hors de contrôle. Ces excès d’aliments surviennent parfois à la suite de périodes de restrictions alimentaires ou de privation calorique qui peuvent s’échelonner sur plusieurs jours.

     

    Addiction au sport
    Parmi les extrêmes, nous retrouvons aussi l’addiction au sport. En effet, on retrouve chez les personnes souffrant d’anorexie les mêmes traits de personnalités que les personnes « addicts » au sport ( anxiété, état dépressif..) parfois, l’un va avec l’autre. Le sport n’est alors plus synonyme de bien être, mais d’auto destruction.

     

    Les répercussions dans la société          Les répercussions dans la société

     

    Un Marché financier florissant

     
    A travers tous ces exemples se cache une dimension qu’il est important de mentionner. C’est la dimension financière. Le culte du corps est un marché très lucratif.   En devenant pour de plus en plus d’hommes et de femmes un moyen de transformer son mode d’existence, le souci esthétique permet de croire qu’on peut intervenir sur soi-même. Les grandes sociétés, les marques ont bien compris les enjeux du culte du corps dans notre société et exploitent ces tendances qui sont censées répondent au “bien être”. Elles transforment les personnes en consommateurs. Le culte du corps fait les beaux jours de toute une industrie. En passant ainsi d’un culte individuel à une mise en culture de soi, le culte du corps a cessé d’être un processus d’amélioration externe pour devenir un mode d’identification à la carte au service de produits qui façonnent les êtres non plus pour ce qu’ils sont mais pour ce qu’ils désirent paraître.

    La  Chirurgie esthétique
    Aujourd’hui très répandue dans de nombreuses sociétés, elle s’applique quasiment sur toutes les parties du corps, la liposuccion gobeuse de cellulite, l’augmentation des seins et la rhinoplastie (correction du nez) étant les interventions les plus demandées. Aux Etats Unis, elles ont augmenté de 32% en 2003. En effet, depuis une quarantaine d’années, avec l’apparition de la société de consommation, la chirurgie esthétique a connu un succès considérable. C’est un luxe de plus en plus accessible, alors pourquoi s’en passer ? C’est une occasion de modifier notre corps sur mesure, sur un modèle d’un idéal. On voit une forme de seins qui nous plaît dans un magazine par exemple, il n’y a qu’ à aller voir un chirurgien et lui montrer le modèle que l’on veut sur son propre corps et le tour est joué ! Cela paraît si simple…
    Les répercussions dans la société         Les répercussions dans la société

    Le marché des cosmétiques et des produits diététiques

    Le marché de la consommation a utilisé le culte du corps pour vendre. Face à la demande, les pratiques d’amaigrissement, à côté des cabinets de médecins spécialistes ou généralistes qui n’hésitent pas à mettre  bien en vue sur leurs plaques : amaigrissement, régimes minceur…, il y  toute une gamme de produits vendus en pharmacie qui  vous coupent l’appétit ou qui brûlent vos calories.  Il y a aussi les magazines, les revues,  les sites  et des émissions Tv et radio qui vous expliquent comment maigrir et avoir un corps de mannequin,
    Certaines femmes, mais aussi des hommes  feraient n’importe quoi pour voir disparaître les bourrelets disgracieux. Certains décident de recommencer le sport, d’autres se laissent séduire par les méthodes moins contraignantes proposées par la publicité.  C’est un business qui rapporte énormément d’argent.
    Les répercussions dans la sociétéLes répercussions dans la sociétéLes répercussions dans la société

  • Nous voulions, à travers cette étude concernant le culte du corps, montrer que l’apparence n’est au final pas seulement  artificielle mais qu’elle peut avoir de nombreuses conséquences plus ou moins graves, sur l’être humain et sur la société. Nous n’avons pas chercher à porter de jugements sur ces comportements face au culte du corps ,nous avons juste énoncer les faits. 
Le corps tient une place majeure au sein de notre société, il s’agit du support de valeurs, de représentations sociales, la beauté attribue des vertus, des mérites et provoque l’admiration. Notre société repose sur le jugement et la perception. D’âpres M.Argyle (1975), la modification de l’apparence serait une communication non verbale, puisqu’elle servirait à faire véhiculer plusieurs informations nous concernant. De nombreuses théories ont été faites à propos de ce sujet, mais elles n’expliquent en aucun cas cette telle ampleur que prend le culte du corps. 
Suite à notre étude, nous pourrions essayer de placer le corps dans cette période de crise et nous demander si il tient une place encore plus importante : serait-il une arme, le dernier espace de liberté possible ?

  • Cet article a été réalisé dans le cadre d’un TPE par les élèves de 1ère ES Noa PINNA – Lisa TRUJILLO SANTANA et Andréa TUFFANO du Lycée Chevreul Blancarde Marseille.

    Nous tenons à remercier tous les professeurs qui nous ont encadrés durant ces quelques mois de réalisation de notre TPE.